Lancement de la 625ᵉ édition du Sankè Mô : La célébration de nos racines et nos traditions ancestrales

La 625ème édition du « Sanké Mô », la pêche collective de San a été lancée, ce Jeudi 12 juin à San, par le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye MAÏGA. Les manifestations de cette 625ème édition se poursuivront jusqu’au dimanche prochain. Ce rituel de pêche se tient le deuxième jeudi du septième mois lunaire pour commémorer la fondation de la ville. Il commence par le sacrifice de coqs et de chèvres et par des offrandes d’habitants du village aux esprits, qui habitent la mare Sanké.

Une pêche collective a lieu, ensuite, pendant quinze heures à l’aide de filets à larges et à petites mailles. Elle est, immédiatement, suivie d’une danse masquée sur la place publique au cours de laquelle se produisent des danseurs bwa de San et des villages voisins portant le costume traditionnel et un chapeau décoré de cauris et de plumes. Ils esquissent une chorégraphie particulière au rythme de divers tambours.

Le rite du Sanké mô marque, traditionnellement, le début de la saison des pluies. C’est aussi une expression de la culture locale, à travers l’art et l’artisanat, les connaissances et le savoir-faire attachés à la pêche et aux ressources en eau. Il renforce les valeurs collectives de cohésion sociale, de solidarité et de paix entre les communautés locales. La culture de la paix, véhiculée par le Sanké mô, constitue son identité essentielle. C’est ce qui lui a valu d’être classé dans le patrimoine culturel national.

En cette année dédiée à la promotion des valeurs culturelles fondatrices de notre société, la cérémonie de Sankè-mô rêvait donc d’un caractère spécial. Il s’agit de promouvoir et valoriser les valeurs qui caractérisent ce rituel historique, qui constitue l’identité de la ville de San. Cependant, l’ignorance de l’histoire et de l’importance de la tradition, la diminution progressive de la participation au rite, les accidents occasionnels pendant son déroulement et la dégradation de la marre Sanké du fait de l’insuffisance des pluies et le développement urbain sont incriminés comme des facteurs ayant conduit à la dégradation de cette cérémonie.

En effet, le ‘’Sanké mô’’ est une pêche rituelle annuelle organisée par la communauté bobo de San. Son origine se confond avec celle de la création du village. Selon, les éclaircissements, un chasseur du nom de Bakorè TRAORE, dans sa promenade aurait découvert cet endroit favorable à l’agriculture et surtout riche en gibier. C’est ainsi qu’il aurait décidé d’y passer un an. Un an traduit en langue bamanankan un « San » veut dire une année d’où le nom de San. Grace à son chien, il aurait découvert dans les bois un puits rempli d’eau. Ce puits naturel aurait facilité la fondation du village. Quelques temps après, il aurait découvert une grande marre bondée de poissons. La zone était très boisée, l’accès était difficile. Il aurait fait appel aux bobos de Tèrèkoungo et Parana pour les besoins de main-d’œuvre. Comme nourriture, il leur apporta le petit mil écrasé très vitaminé (mugu fara).

« Môgô bè sé ka san kè yan !» (Traduction en bambara : on peut passer toute une année, ici, sans se soucier de la nourriture) », se serait exclamé le chasseur. Ainsi, le « chef de la brousse » finira par s’installer définitivement au bord de la marre. La ville de San venait d’être fondée. Non loin de la mare, Bakôrè TRAORE a découvert également une forêt de figuiers (toro en bambara) et le puits sacré qu’il nomma « Karantéla » ou « Karatèna » (pas de souci à se faire, en bambara) qui lui servit de source pour étancher sa soif. Santoro (figuiers de San, en bambara), le puits sacré de Karantéla et Sanké sont les trois symboles de San. C’est pourquoi les griots magnifient la ville en évoquant Sanké mô, Santoro et Karantéla.

Aujourd’hui, le mystère demeure constant autour du Sanké. Si la propriété de la marre revient à la famille TRAORE, la garde des lieux est confiée aux Dao, suite à un pacte signé entre les deux familles. C’est ce qui explique que c’est aux Dao qu’il revient de donner l’ordre de pêcher dans la marre.

Cette manifestation culturelle, essentielle à San, magnifie les origines de la ville et renforce la cohésion entre les différentes communautés. Cette pêche collective est, immédiatement, suivie d’une danse masquée sur la place publique, dans laquelle se produisent des danseurs Bwa de San et des villages environnants, qui portent le costume traditionnel et un chapeau décoré de cauris et de plumes, et qui exécutent une chorégraphie particulière au rythme de divers tambours. Le rite du Sanké-mô marque traditionnellement le début de la saison des pluies. C’est aussi une expression de la culture locale à travers l’art et l’artisanat, les connaissances et le savoir-faire attachés à la pêche et aux ressources en eau.

Cette tradition renforce surtout les valeurs collectives de cohésion sociale, de solidarité et de paix entre les communautés locales. La veille, une rencontre des bobos dans les deux villages respectifs donne lieu durant toute la nuit à une grande fête bien arrosée par les boissons locales à base de mil). Des hommes se déguisent en jeunes filles. Certains jeunes enlèvent le silencieux du tuyau de leur moto et passent toute une nuit à faire une course de rallye dans toute la ville.

Les gens se livrent à un va et vient interminable entre les deux villages.

En attendant la grande pêche dans la marre de sanké on procède à la préparation de la crème traditionnelle (mugu fara) qui se fait dans la famille KOÏTA du quartier. Les communautés bobos des deux villages, en compagnie des KOÏTA se rendent à Karentéla ou habitent les descendants de Bakorè TRAORE (fondateur de San), pour la cérémonie de dégustation de la crème traditionnelle (mugu fara).

Ce rituel est donc suivi de la pêche collective. La digue de la marre est noire de monde dès la mi-journée. Piétons, motocyclistes, automobilistes disputent le passage aux calèches, aux charrettes, aux ânes et aux chevaux. Muni de filets et divers instruments de pêche, tout le monde afflue vers la marre du Sanké pour prendre part à la pêche. Les officiels (les notabilités, le maire, le préfet, le président du conseil de cercle sont, confortablement, installés sur la tribune d’où ils assistent à la pêche. Nul ne pénètre dans la marre sans l’autorisation du « kotigui » (propriétaire). Cette pêche collective annuelle appelée ‘’ sanké mô’ ’est devenue aujourd’hui l’une des manifestations culturelles les plus importantes du pays. Cette pêche rituelle a été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2009.

Le rite de pêche collective de la marre Sanké est un espace symbolique de rencontre qui prône des valeurs de tolérance, la cohésion sociale, la solidarité, la paix et le vivre ensemble entre les différentes communautés qui cohabitent, harmonieusement, depuis la nuit des temps.

Sankè mô constitue un patrimoine culturel inestimable, véritable reflet de l’identité du peuple Bamanan et bwa. Il est le lien vivant entre les générations, nous permettant de nous connecter à notre histoire et à nos racines. Ici, chaque geste, chaque récit ou chaque célébration est une célébration de l’héritage que nos ancêtres ont transmis. En préservant ces pratiques, nous garantissons la continuité de notre culture, enrichissant ainsi que notre mémoire collective. Dans un monde en constante évolution, il est essentiel de protéger ce vivant héritage, qui façonne notre quotidien et enrichit notre identité. À travers les traditions, nous découvrons un univers de savoir-faire, de coutumes et d’expressions artistiques, qui méritent d’être préservés et célébrées.

Car, les traditions demeurent un héritage culturel d’une valeur inestimable qui mérite d’être préservé. Elles tissent le lien entre les générations et transmettent une identité propre à chaque communauté. En cette ère de modernité, il est essentiel d’apprécier et de protéger ces pratiques, afin de maintenir la richesse de notre histoire et de notre culture vivante. Explorons ensemble l’importance de la préservation des traditions. Sankè mô est donc un patrimoine culturel immatériel, qui inclut les traditions et les coutumes, constitue l’essence de notre histoire collective. Il s’exprime à travers des arts de la scène, des pratiques sociales et des rituels festifs, souvent transmis de manière orale. Ces pratiques sont le reflet des valeurs, des croyances et des modes de vie d’une société. Elles évoluent tout en préservant une connexion avec le passé, rendant chaque tradition unique et vivante.

CIGMA

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