La Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de l’AES marque un tournant stratégique visant à rationaliser les efforts et à maximiser l’impact de la réflexion sur la souveraineté économique et énergétique de la région
La première édition de la Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de l’AES (SEMH-AES) couplée à la 8e édition de la Semaine des Activités Minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), s’est ouverte le lundi 12 septembre à Ouagadougou à l’Université Joseph Ki Zerbo sous la présidence du ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières du Burkina Faso, Yacouba Zabré Gouba, en présence du ministre des Mines, le Pr Amadou Keita, et des ministres nigériens du Pétrole, Hamadou Tinni, et de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Pr Amadou Haoua.
Ce grand rassemblement qui a pour thème « Gouvernance des ressources extractives : enjeux géopolitiques, défis et opportunités pour les États africains » s’étendra jusqu’au 19 septembre 2026, sur le site du Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO). Il marque un tournant stratégique visant à rationaliser les efforts et à maximiser l’impact de la réflexion sur la souveraineté économique et énergétique de la région.
En couplant la SAMAO à la dynamique confédérale de l’AES, le Burkina Faso réaffirme sa résilience et envoie un signal fort : l’Afrique de l’Ouest entend désormais dicter ses propres règles dans la gouvernance globale de ses matières premières.
Pendant cinq jours, les panels et les ateliers de travail vont s’articuler autour de la mise en place d’une véritable synergie des politiques minières et énergétiques au sein du Sahel. Parmi les grands chantiers attendus figurent l’établissement d’une liste commune des minéraux critiques adaptés aux réalités socio-économiques locales, l’harmonisation des fiscalités extractives et le développement de projets d’infrastructures conjoints.
La rencontre de la SEMH-AES couplée à la SAMAO s’inscrit aussi dans des objectifs stratégiques majeurs, centrés sur la reprise de contrôle et la valorisation des ressources naturelles de la région. Il s’agit d’établir les bases d’une indépendance totale de l’espace sahélien. Cela passe par la validation de documents structurants qui concrétisent la vision politique commune des pays de la Confédération (Burkina Faso, Mali, Niger) afin de ne plus seulement subir l’exploitation de leurs ressources.
La SEMH-AES c’est aussi la mutualisation et le partage de la chaîne pétrolière, avec notamment l’ouverture stratégique du potentiel d’hydrocarbures du Niger à ses partenaires, la sécurisation des corridors d’approvisionnement en carburant, l’accélération de l’interconnexion des réseaux électriques ou encore le développement de capacités communes de raffinage et de stockage.
L’un des axes de rupture majeurs de cette rencontre est d’en finir avec l’exportation brute des minerais. La rencontre va permettre de planifier la valorisation et la transformation industrielle locale des ressources d’ici 2036, garantissant la création d’emplois durables et une meilleure mobilisation des revenus fiscaux.
De même, pour faciliter l’intégration, les experts et ministres travaillent à l’harmonisation des codes miniers, des politiques énergétiques et des cadres fiscaux au sein de l’AES. L’objectif est également d’améliorer la traçabilité des flux financiers et de réformer l’exploitation minière artisanale. L’événement cherchera aussi à promouvoir le contenu local en incitant les entreprises de la région à s’investir dans la sous-traitance minière.
Le lancement du Concours d’innovation Énergie et Hydrocarbures vise à faire émerger des solutions techniques locales pour la gestion intelligente, l’électrification rurale et la transition environnementale dans le Sahel.
Le ministre des Mines, le Pr Amadou Keita, s’est réjoui de la tenue de cette rencontre qui s’inscrit en droite ligne de la vision des chefs d’Etat des pays de l’AES qui ont décidé de s’unir pour faire face aux défis du moment et préparer l’avenir des générations futures. Il a remercié le peuples frères du Burkina Faso et Niger pour la mobilisation autour des valeurs prônées par nos Chefs d’Etats et pour leur engagement à faire de l’AES un espace de partage et de synergie au bénéfice de nos populations.
Pour ministre Kéita, « les ressources naturelles de nos pays doivent constituer un instrument de puissance et de souveraineté économique » au service exclusif des peuples de l’espace confédéral.
Le Mali, dira le ministre des Mines est engagé s’est engagé dans cette dynamique et est dans la voie de la souveraineté minière, mais surtout celle de la transformation de ses matières premières, de la création d’emplois ou encore de la formation des ressources humaines.
L’intervention du ministre burkinabè de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, s’est articulé principalement autour de la souveraineté énergétique et de l’exploitation minières, du développement endogène et de la réduction de la dépendance électrique des pays de l’AES, mais surtout de la maitrise de la chaine de valeur à travers la transformation de ses ressources.
L’évènement a été marqué par plusieurs exposés qui ont portée sur les potentialités énergétiques de l’AES, présentées par le Dr Abdoulaye Compaoré du Burkina Faso, les potentialités minières de l’AES, présentées par le directeur national de la géologie et des Mines du Mali, Issa Coulibaly et enfin les potentialités en hydrocarbures de l’AES, présentée par le Niger.
Il ressort de tous ces exposés que les pays de l’AES disposent d’importantes réserves et de grands potentiels dans les secteurs de l’énergie, des mines et des hydrocarbures. La mise en commun des synergies des l’Etats offre une belle perspective de développement et une souveraineté dans tous les secteurs concernés.
Notons qu’à l’issue de la rencontre les ministres ont adopté plusieurs documents en faveur l’avenir énergétiques et minières de nos Etats. Il s’agit principalement de la Convention cadre relative à l’exploitation des ressources énergiques, minières et d’hydrocarbures de l’AES, du Cadre harmonisé des politiques énergiques des Etats de l’AES ou encore l’Institutionnalisation de la semaine de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de l’AES.
M. Mines


