Le Ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, M. Alhamdou Ag ILYENE, a pris part, les 6 et 7 juillet 2026 à Genève (Suisse), au Dialogue mondial inaugural sur la gouvernance de l’Intelligence artificielle, convoqué par le Secrétaire général des Nations Unies en application de la résolution 79/325 de l’Assemblée générale des Nations Unies. À cette importante rencontre internationale, le Ministre représentait Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État, à l’invitation personnelle du Secrétaire général des Nations Unies.
Réunissant des représentants de plus de 170 pays, cet événement international majeur vise à renforcer la coopération multilatérale en faveur d’une gouvernance de l’IA inclusive, sûre, éthique et respectueuse des droits humains. Les échanges portent notamment sur la réduction de la fracture numérique, la protection des enfants, l’intégrité de l’information, la sécurité des systèmes d’IA, ainsi que l’accès équitable des pays en développement aux données, aux compétences et aux capacités de calcul.
Prenant la parole au nom du Président de la Transition devant un parterre de Chefs d’État et de Gouvernement, de ministres, de responsables des Nations Unies, d’organisations internationales, d’experts, d’universitaires et de représentants du secteur privé, le Ministre a exprimé la reconnaissance du Mali à l’endroit des Nations Unies pour cette invitation, qu’il a qualifiée de marque de considération envers notre pays. Il a également salué le caractère historique de ce Dialogue, premier cadre mondial destiné à jeter les bases d’une gouvernance internationale de l’intelligence artificielle.
Dans son intervention, le représentant du Chef de l’État a souligné que l’intelligence artificielle constitue aujourd’hui l’une des plus grandes révolutions technologiques de l’histoire contemporaine. Pour le Mali, a-t-il indiqué, cette technologie représente à la fois une formidable opportunité de développement et un enjeu majeur de souveraineté. Il a insisté sur le potentiel de l’IA pour transformer des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, la santé, l’éducation, la gouvernance publique et la résilience climatique, tout en alertant sur les risques liés à la dépendance technologique, à la concentration des données et à la faible représentation des réalités africaines dans les grands modèles d’intelligence artificielle.
Le Ministre a rappelé que le Mali dispose d’atouts importants pour réussir sa transition numérique, notamment une population très jeune, une stratégie nationale de développement clairement orientée vers l’innovation et une volonté politique affirmée de faire du numérique un moteur de croissance. Il a toutefois souligné que les défis restent nombreux, notamment en matière d’infrastructures numériques, de capacités de calcul, de formation des compétences, de financement et de connectivité.
Au nom du Président de la Transition, le Ministre Alhamdou Ag ILYENE a défendu une vision fondée sur une gouvernance mondiale inclusive, équitable et respectueuse de la souveraineté des États. Il a plaidé pour que les pays du Sud disposent d’un droit effectif sur leurs données nationales, que les bénéfices de l’intelligence artificielle soient mieux partagés et que les voix africaines soient pleinement associées aux décisions qui façonneront les normes internationales dans ce domaine.
Le Mali a également formulé plusieurs propositions concrètes, parmi lesquelles l’élaboration d’un cadre international juridiquement contraignant pour la gouvernance de l’IA, la création d’un Fonds mondial destiné à soutenir le développement des capacités en intelligence artificielle dans les pays les moins avancés, la promotion des langues africaines dans les grands modèles de langage, la protection de la souveraineté numérique des États ainsi que la mise en place d’un mécanisme indépendant de contrôle des biais algorithmiques.
Le Ministre a, par ailleurs, réaffirmé l’engagement du Gouvernement du Mali à accélérer la transformation numérique nationale. Il a annoncé que le pays se dotera, avant la fin de l’année, d’une Politique nationale de l’Intelligence artificielle, en cohérence avec la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable (SNEDD) et le Document de Politique nationale de Développement de l’Économie numérique (PNDEN). Il a également mis en avant les investissements engagés pour renforcer la connectivité, le rôle du Centre d’Intelligence Artificielle et Robotique du Mali (CIAR) ainsi que les initiatives visant à développer des applications d’IA au service des populations.
En conclusion de son allocution, le représentant du Président Assimi Goïta a lancé un appel en faveur d’une intelligence artificielle humaniste, inclusive, souveraine et équitable, estimant que les choix effectués aujourd’hui par la communauté internationale détermineront si cette révolution technologique sera un facteur d’émancipation ou une nouvelle forme de dépendance. Il a réaffirmé la volonté du Mali d’être non pas un simple observateur, mais un acteur à part entière de la construction de la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.
MCENMA


