Conformément au décret présidentiel N°20245-0722/PT-RM du 13 Décembre 2024 portant Dénomination de voies, places et établissements publics dans le District de Bamako, le Ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Hôtellerie et du Tourisme du Mali a pris les dispositions pour l’exécution du décret.
Cette vision de Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État, incarne une volonté ferme et résolue de réhabiliter notre histoire, de magnifier nos héros et héroïnes, et de renforcer notre identité nationale. Les Maliens vont désormais s’habituer à faire usage des noms des figures historiques de leur terroir. Ce qui ne sera d’ailleurs pas un exercice difficile puisque les nouvelles nominations traduisent fière, honneur et dignité.
Cette décision marque un tournant décisif dans le processus d’instauration de désacralisation de la mémoire public de la colonisation dont les traces étaient quotidiennement exaltées à travers les lieux publics, les voies et les bâtiments qui arborait les noms des colons. Cette rebaptisation constitue un acte fort qui vise à promouvoir l’histoire et l’identité du pays en remplaçant les noms des colons par ceux de figures nationales. Cette initiative symbolise le désir du peuple malien exprimé lors des Assises Nationales de la Refondation (ANR) de partager son histoire et de manifester sa souveraineté sur ces lieux emblématiques.
Ainsi, le fondateur de l’empire du Mali, Soundjata KEÏTA donne désormais son nom à la route régionale (RR9) reliant Bamako au camp militaire de Kati, lui-même baptisé au même nom depuis la première République du Mali. Tandis que la route nationale (RN3) passant par Samé s’appelle désormais Boulevard Damaguilé Diawara, qui fut un grand empereur en Afrique.
Le Boulevard Samory TOURE est donné à la partie de la route nationale 5 (RN5) reliant le pont de Woyowayanko au giratoire Siby-Kangaba. La partie de la voie RN5 reliant le giratoire Siby-Kangaba à la Direction générale des Douanes s’appelle désormais le Boulevard Kamadjan CAMARA, un chef de guerre (général) de l’Empire du Mali. Et le Boulevard Kankou Moussa est donné à la route communale 37 (RC37) reliant l’échangeur du chemin des Grottes au croisement du Boulevard du Peuple.
Les boulevards de l’Indépendance (du monument de l’indépendance au croisement de l’avenue Cheick Zayed) et du Peuple (du pont des Martyrs au croisement de la rue Nelson Mandela) gardent leur appellation ancienne. Le Boulevard Fakoli Doumbia va de l’intersection de l’aéroport à celle de Martin Luther King en passant par le feu tricolore de Garantiguibougou. Le Boulevard Bazani THERA est donné à la route reliant le commissariat de Sabalibougou à l’intersection de la route de Garantiguibougou.
Le Boulevard Seydou Badian KOUYATE va du rond-point du marché de Torokorobougou à l’intersection de l’avenue OUA. Une restauration ultime pour l’emblématique écrivain et ancien ministre de la première République qui est considéré comme le père de l’hymne national du Mali. Le premier résistant malien à la Pénétration coloniale française, Niamody SISSOKO donne son nom à la route (reliant le viaduc de Yirimadio à l’entrée du pont de l’amitié sino-malienne), qui devient Boulevard Niamody SISSOKO.
L’Avenue de la CEDEAO reliant le pond Fahd à l’aéroport est rebaptisée Avenue de l’AES. Par contre l’Avenue OUA allant du pont des Martyrs à la Tour d’Afrique garde toujours son appellation. L’Avenue Capitaine Sékou TRAORE remplace l’Avenue Rouault, elle est située entre le Boulevard du Peuple et l’Avenue du 22 octobre. Il s’agit d’un hommage ultime à celui qui symbolise de la lutte contre le terrorisme au Mali. Le capitaine Sékou TRAORE alias Bad, tué avec ses compagnons d’arme en service commandé à Aguelhok, le 24 janvier 2012, est entré dans la galerie des héros de l’armée malienne immortalisés.
La route allant du monument ‘’Tour d’Afrique’’ au dépôt de l’ONAP à Faladiè Sud devient Boulevard Babemba TRAORE.
La voie allant de la ‘’Tour d’Afrique’’ au viaduc de Yirimadjo devient Avenue général Amadou Toumani TOURE – ATT. Une reconnaissance méritée pour l’ancien président adulé des maliens.
L’Avenue Fihroun Ag Alinsar est donnée à la route allant du viaduc de Yirimadjo au pont de Djalakorobougou. Le nom Joost Van Vollenhoven disparait de la route allant de l’Avenue Liberté à l’Hôpital Gabriel Touré, qui devient Boulevard Général Moussa Traoré.
L’Avenue Sonni Ali Ber va de la route allant du croisement de la route Achkhabad au pont de Farakoba à Titibougou. La route allant de l’intersection Avenue Nelson Mandela à l’école fondamentale De Missira I devient Avenue Soumangourou KANTE.
La route reliant le Pont de Kabala à l’université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako prend le nom Aboubakari II. Le Boulevard Général Abdoulaye SOUMARé est donné à la route allant de pont de l’amitié sino-malienne à l’intersection Avenue Sonni Ali Ber.
La rue Professeur Ogobara DOUMBO, la fierté de la recherche médicale du Mali et du monde, va de route régionale 9 (RR9) à l’entrée de l’Hôpital Point G. La rue Faidherbe devient rue Mamadou Lamine DRAME. La rue Jean Brière de lisle prend l’appellation Banzoumana SISSOKO. Archinard est remplacé comme appellation de rue par El Hadj Cheick Oumar Tall. La rue Mage devient rue Monseigneur Luc Auguste Sangaré. La Place du Sommet Afrique-France située près du Marché de Kalaban Coura sur la route de l’aéroport devient Place de la Confédération du Sahel. L’Université des Lettres et Sciences Humaines se nomme désormais Université Yambo OUOLOGUEM de Bamako. L’Université des Sciences juridiques et politiques prend l’appellation de l’Université Kurukanfuga de Bamako. Enfin, notre Doyen, l’écrivain feu Gaoussou DIAWARA donne son nom à l’INA, qui devient Institut Professeur Gaoussou DIAWARA.
Bref, la décolonisation de l’espace public est désormais une réalité dans notre pays. La référence colonialiste et le souvenir des exactions de la colonisation s’effacent laissant place à la valorisation des personnalités qui ont marqué l’histoire de notre pays ou qui ont accepté le sacrifice ultime pour la nation et ont porté des valeurs de la nation.
CCOM-MACHIHT

