La 2ème Édition de la Semaine Internationale de l’Artisanat Touareg (SIAT) a couvert ses portes, ce samedi 22 novembre 2025, sous le thème : « Le secteur artisanal au Mali, alternative à la migration irrégulière : enjeux et perspectives ». Cet évènement, qui bénéficie de l’accompagnement du Ministère des Maliens Établis à l’Extérieur et de l’Intégration Africaine.
La cérémonie d’ouverture, présidée par le Ministre Mossa AG ATTAHER et marquée par une prestation traditionnelle des combattants aux boucliers, illustrant toute la valeur symbolique et la richesse du patrimoine touareg.
À l’issue de cette cérémonie, le panel de la journée a été conduit par le Ministre, qui a ouvert les échanges en soulignant l’importance de renforcer les alternatives économiques locales et de reconnaître le rôle stratégique du secteur artisanal dans la stabilisation sociale.
La réflexion a été enrichie par la participation de plusieurs responsables institutionnels, experts techniques et partenaires clés, notamment celui du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et de l’Industrie Hôtelière, M. Salia MALLE, du Secrétaire général du Ministère de la Formation, de l’Emploi et de l’Entrepreneuriat national, Drissa GUINDO, du Délégué général des Maliens de l’extérieur, Mahamar TOURE, ainsi que de la Chargée des questions Migration et Développement à l’OIM Mali, Aïssata KORNIO et du Secrétariat Exécutif du HCME, Mahamadou Farka MAÏGA.
La diversité de ces contributions a permis une analyse approfondie des enjeux actuels du secteur artisanal et de leurs liens avec les dynamiques migratoires. Les échanges ont mis en lumière plusieurs enseignements essentiels. L’artisanat apparaît comme un levier majeur pour la création d’emplois, l’autonomisation des jeunes et la génération de revenus durables, même en période de crise. La nécessité d’une structuration accrue du secteur, du renforcement de sa compétitivité et de l’accès à la facilité aux financements et aux marchés, a été largement soulignée. Les participants ont, également, insisté sur l’importance de développer la formation professionnelle, de moderniser les ateliers, de créer des centres de finition, de labelliser les produits pour en garantir la qualité et de favoriser la constitution de coopératives.
Ils ont insisté en affirmant que les causes économiques demeurent le moteur principal de la migration irrégulière et qu’un secteur artisanal dynamique, soutenu et professionnalisé peut offrir des alternatives durables aux jeunes. L’accompagnement des migrants de retour, la sensibilisation et une meilleure orientation de la migration régulière constituent, également, des axes prioritaires.
De ces échanges, se dégage une conviction forte : l’artisanat représente une alternative crédible, digne et durable à la migration irrégulière. Pour qu’il joue pleinement ce rôle, un engagement collectif, à la fois institutionnel, communautaire et économique, est indispensable. La structuration du secteur, la professionnalisation des acteurs et le développement d’opportunités économiques demeurent des conditions essentielles pour relever, efficacement les défis migratoires.
En conclusion, la migration irrégulière est un phénomène complexe, étroitement lié à la précarité économique, au manque d’opportunités et à l’insuffisance de perspectives pour la jeunesse. Dans ce contexte, l’artisanat, par sa richesse culturelle et son potentiel économique, se présente comme une voie de résilience, de dignité et de développement pour les communautés. Cette journée du SIAT 2025 constitue, ainsi une étape majeure dans la promotion de solutions africaines aux défis migratoires et confirme le rôle stratégique de l’artisanat dans l’avenir économique et social du Mali.
MMEIA


