La capitale malienne abrite depuis ce lundi une rencontre de haut niveau qui marque une étape décisive pour l’intégration économique sous-régionale. En prélude à la 4ᵉ Réunion des Directeurs Généraux des Douanes de l’Alliance des États du Sahel (AES) et à la 2ᵉ Réunion du Comité de pilotage sur l’interconnexion des systèmes informatiques douaniers de l’AES et du Togo, les experts des trois pays de la Confédération (Mali, Burkina Faso, Niger) se sont retrouvés à Bamako pour préparer le terrain aux travaux des DG qui s’ouvriront le 2 octobre prochain.
C’est l’Inspecteur général Amadou KONATÉ, Directeur général des Douanes du Mali, qui a donné le ton de ces assises en accueillant les délégations dans la salle de conférence de l’Hôtel Azalaï. Dans son discours, il a salué « l’engagement et la compétence » des experts venus du Burkina Faso et du Niger, ainsi que l’appui constant des partenaires publics et privés, avant de souligner l’importance du thème retenu :
« Harmonisation des procédures douanières pour un commerce fluide et sécurisé dans l’espace AES ».
Pour le DG des Douanes du Mali, cette harmonisation n’est pas qu’une question technique. Elle traduit la volonté politique des Chefs d’État de l’AES – le Capitaine Ibrahim Traoré, le Général d’Armée Assimi GOÏTA et le Général d’Armée Abdourahamane Tiani – d’aller vers une intégration plus poussée, fondée sur la libre circulation des personnes, des biens et des services.
« Transformer nos frontières, souvent perçues comme des barrières, en véritables vecteurs de développement économique et social », a plaidé l’Insp. Gal Amadou KONATÉ, citant également le slogan de l’OMD pour 2025 qui appelle à une douane plus efficace, sécurisée et prospère.
La rencontre de Bamako s’inscrit dans la continuité des travaux menés en mai dernier, lors de la 3ᵉ réunion des DG des Douanes de l’AES, déjà tenue dans la capitale malienne. À cette occasion, plusieurs textes fondamentaux avaient été validés, notamment sur l’assistance administrative mutuelle, les règles d’origine et le tarif préférentiel, le régime de transit, l’interconnexion des systèmes informatiques et l’exercice de la profession de commissionnaire en douane agréé.
Cette nouvelle session permettra d’évaluer les progrès réalisés, mais aussi d’avancer sur deux projets stratégiques : le Code des douanes de l’AES et le Tarif extérieur commun.
En accueillant cette réunion, Bamako confirme son rôle moteur dans le processus d’interconnexion des systèmes douaniers et dans l’harmonisation des pratiques administratives. Une dynamique qui, selon les autorités, doit aboutir à une plus grande fluidité des échanges intra et extra-confédéraux, tout en renforçant la lutte contre la criminalité transnationale et le terrorisme.
Le patron des Douanes maliennes a enfin invité les experts à travailler « avec un esprit de franche collaboration et d’ouverture », rappelant que le partenariat public-privé est désormais une condition essentielle de réussite de la modernisation des administrations.
La rencontre des experts, qui se poursuit jusqu’au 1ᵉʳ octobre, prépare le terrain à la réunion des Directeurs généraux des Douanes de l’AES et du Togo. Ensemble, ils devront tracer les lignes d’une stratégie commune capable de hisser l’espace AES vers un véritable marché intégré et sécurisé, au service du développement et de la prospérité des populations.
CCOM-DGD


