Forum Climat – Paix et Sécurité à Nouakchott : Le ministre DOUMBIA Mariam TANGARA a édifié un panel sur le défis du financement de la résilience

En marge de la 2ème édition du Forum sur Climat, Paix et Sécurité, le ministre chargé de l’Environnement, DOUMBIA Mariam TANGARA a participé à un panel ministériel avec comme thème : « Financer la résilience en contexte de crise : opérationnaliser l’action climatique dans le Sahel et le Golfe de Guinée ».

La question centrale sur laquelle les ministres ont fait des communications était : Comment transformer les priorités climat, paix et sécurité en politiques publiques, programmes et investissements effectivement bancables ?

Pour DOUMBIA Mariam TANGARA, il faut nécessairement intégrer le risque climatique et le risque sécuritaire dans nos politiques publiques, notamment dans la planification nationale et territoriale. Pour ce faire, a-t-elle rappelé, l’un des objectifs spécifiques de notre Stratégie nationale sécurité climatique et son Plan d’actions en cours d’adoption, est de prendre en compte la sécurité climatique dans les politiques et stratégies nationales.

Pour Mme le ministre, il faudra ensuite transformer nos priorités en programmes et projets bancables : des projets bien structurés, chiffrés, assortis d’indicateurs de résultats et démontrant clairement leur contribution à la résilience, à la cohésion sociale et à la prévention des conflits.

Pour le Mali, le troisième enjeu est celui de l’accès aux financements. Les pays du Sahel ont besoin de mécanismes plus accessibles, plus prévisibles et mieux adaptés aux réalités des territoires fragiles. Nous devons également mobiliser davantage le secteur privé et les financements innovants.

Enfin, nous devons considérer l’investissement dans la restauration des terres, la gestion durable de l’eau, les moyens de subsistance, la jeunesse et les femmes comme un investissement simultané dans le climat, la paix et la sécurité. « Nous devons donc passer du nexus climat-paix-sécurité à un véritable nexus politiques publiques-financements-investissements en vue de contribuer à une résilience durable au Sahel. A la question de savoir comment transformer les stratégies nationales Climat, Paix et Sécurité (CPS) du Burkina Faso, du Mali et du Niger en portefeuilles d’investissements ? », a –t-elle développé.

Pour DOUMBIA Mariam TANGARA, cette question. Concernant le Mali, elle a indiqué la réponse repose d’abord sur un changement d’approche et de paradigme : ne plus considérer les stratégies CPS comme de simples cadres d’orientation, mais comme de véritables portefeuilles d’investissements pour la résilience, la paix et le développement.

Cela, a-t-elle poursuivi, permettra de présenter aux partenaires techniques et financiers non plus seulement des besoins mais également des opportunités d’investissement structurées. « Nous devrons aussi privilégier des projets transfrontaliers pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, car la sécurité climatique ne peut être traitée uniquement à l’échelle nationale. Nous devons ainsi passer progressivement d’une logique de trois portefeuilles nationaux à un portefeuille régional de projets à impact commun », a développé le ministre.

En cela, il est important de mettre en œuvre certaines recommandations issues de la Déclaration de Bamako sur la sécurité climatique, notamment : la nécessité d’élaborer et d’opérationnaliser des stratégies nationales et régionale inclusives pour renforcer la résilience climatique, la paix et la sécurité dans le Sahel, le plaidoyer et l’engagement en faveur des financements et actions liés au nexus climat, paix et sécurité au Sahel basés sur des mécanismes d’investissements structurants portés par les institutions sahéliennes partant des priorités nationales et régionales, la transformation des stratégies CPS en investissements exige enfin de diversifier les sources de financement.

Le défi est donc de faire converger financement climatique, financement du développement et financement de la paix autour des mêmes projets, a-t-elle conclu.

Echanges fructueux entre les ministres chargés de l’environnement du Mali et de la Mauritanie

En marge des travaux de la 2ème édition du Forum sur le Climat, la Paix et la Sécurité, DOUMBIA Mariam TANGARA s’est entretenu avec son homologue mauritanienne. Prenant la parole, elle a, au nom de SE le Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat, félicité la République Islamique de Mauritanie pour l’organisation réussie du Forum et a remercié son homologue pour l’accueil chaleureux et la bonne organisation du Forum qui a permis une participation de qualité.

Pour le ministre, le Mali et la Mauritanie partagent une même réalité sahélienne et sont confrontés à des défis largement similaires : changements climatiques, sécheresse, désertification, dégradation des terres, pression sur les ressources naturelles et vulnérabilité des populations. Les échanges entre les deux ministres ont essentiellement porté : la préservation de la biodiversité végétale et animale, la mobilisation des financements innovants, l’Information environnementale, les questions de pollution et de nuisance, l’éducation environnementale, la grande muraille verte, la sécurité climatique etc.

A l’issue de la rencontre, il a été recommandé : d’actualiser, à travers les canaux diplomatiques, le protocole d’accord de coopération de 2015 en vue de la prise en compte des thématiques émergeantes, de mettre en place un mécanisme de suivi avec la désignation de points focaux de part et d’autre.

En conclusion, DOUMBIA Mariam TANGARA a rassuré que son département est pleinement disposé à travailler avec la République sœur de Mauritanie pour faire de la coopération environnementale et climatique un levier de résilience, de développement durable et de stabilité dans l’espace sahélien.

MEADD

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