La capitale malienne accueille, depuis jeudi 2 Juillet 2026, la 12ème Conférence des ministres de l’Organisation pour le Développement et la promotion de l’Artisanat Africain (ODEPA). Les travaux ont été ouverts à l’Hôtel de l’Amitié, la rencontre est présidée par le ministre Mamou DAFFÉ et son homologue congolaise des Petites et Moyennes Entreprises et de l’Artisanat, Irène Marie-Cécile MBOUKOU-KIMBATSA, Présidente en exercice de l’organisation.
La session enregistre la présence des délégations des États membres de l’organisation. Placée sous le haut patronage du président de la Transition, le Général Assimi GOÏTA, la Conférence des ministres se déroule à Bamako du 2 au 4 juillet 2026. Elle porte sur le thème : « Quelles stratégies pour un repositionnement du secteur de l’artisanat dans les priorités de développement des pays membres ? ». Les experts, réunis en amont, doivent poser les bases techniques et stratégiques des futures décisions politiques.
Dans son intervention, le Secrétaire général de l’ODEPA, Fidèle Ilboudo a rappelé l’importance de cette étape préparatoire. Selon lui, elle permet d’examiner en profondeur les problèmes du secteur et de proposer des recommandations utiles. Les travaux des experts doivent servir de socle aux décisions politiques, qui seront adoptées par les ministres. Cette articulation entre réflexion technique et validation politique constitue la force du processus de l’ODEPA.
Quant au ministre Mamou DAFFÉ, il a rappelé que l’artisanat représente près de 20 % du PIB africain et assure environ 70 % des emplois, soit près de 60 millions de personnes. Il a insisté sur cinq piliers majeurs : intégration dans les politiques publiques, formation et transition numérique, accès au financement, amélioration de la qualité et coopération inter-États.
Ces axes guideront les recommandations des experts. L’intégration dans les politiques publiques vise à donner à l’artisanat une place centrale dans les stratégies nationales. La formation et la transition numérique permettront de moderniser les savoir-faire et d’adapter les artisans aux nouvelles technologies. L’accès au financement reste un défi majeur pour soutenir les petites entreprises et favoriser leur croissance dans un environnement compétitif.
L’amélioration de la qualité est un autre pilier essentiel. Elle doit permettre aux produits artisanaux africains de répondre aux standards internationaux et de conquérir de nouveaux marchés. Enfin, la coopération, inter-États, favorisera les échanges d’expériences, la mise en place de politiques communes et le renforcement des partenariats régionaux. Ces cinq piliers constituent une feuille de route ambitieuse pour transformer l’artisanat en moteur de développement industriel.
La réunion des experts, ouverte ce jeudi 2 juillet, se tiendra sur deux jours avant la Conférence des ministres. Elle réunit des délégations venues du Maroc, du Sénégal, du Niger, du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et d’autres pays africains. Les institutions régionales telles que l’Union africaine, l’UEMOA, le SAFEM et le SIAO participent également, témoignant de l’importance continentale de cette rencontre.
Au-delà des chiffres et des piliers, l’enjeu est de repositionner l’artisanat comme un secteur stratégique. Les experts doivent proposer des solutions concrètes pour renforcer la compétitivité, améliorer la visibilité des artisans et valoriser l’identité culturelle des peuples africains. Les recommandations issues de Bamako seront soumises aux ministres, qui auront la responsabilité de les traduire en décisions politiques et en programmes d’action.
Cette session ambitionne de marquer un tournant décisif. Elle doit consacrer l’artisanat comme une véritable économie industrielle, capable de générer croissance et emplois tout en préservant les traditions. Bamako, capitale culturelle et politique, devient ainsi le théâtre d’une réflexion stratégique pour l’avenir du continent. L’ODEPA espère inscrire, durablement, l’artisanat dans les priorités de développement africain.
MACHIT


