Cadre de Concertation Gouvernement – Religieux : Un espace pour promouvoir le dialogue et préserver la paix sociale

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Dialogue interreligieux comme levier de cohésion et de paix durable, c’est l’objectif de ce cadre de concertation mis en place, depuis la dernière rencontre entre le Premier ministre, Abdoulaye MAÏGA et les religieux en Décembre dernier. En effet, le 4 Décembre dernier, le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye MAÏGA avait tenu une importante rencontre avec les figures de proue des diverses confessions religieuses de notre pays. Il s’agissait pour le Chef de Gouvernement de discuter avec les leaders religieux sur les dérives injurieuses de plus en plus fréquentes sur les réseaux sociaux entre les partisans des différents courants.

Cette escalade des incidents déplorables, notamment des propos offensants et des dérives verbales voire injurieuses visant des chefs spirituels. Ainsi, le Chef du Gouvernement avait préconisé l’établissement immédiat d’un cadre de concertation indiquant que ce nouveau cadre aura pour mandat essentiel d’anticiper, de prévenir et de gérer tout écart de langage ou comportement susceptible de menacer l’harmonie et l’unité sociale.

Le Chef du Gouvernement avait mis l’accent sur l’importance de concevoir des solutions novatrices, inclusives et consensuelles dans le but de consolider la stabilité nationale, de préserver l’ordre public et de garantir un climat de sérénité religieuse.  Il s’agissait également d’apporter une riposte politique et ferme face aux discours de haine ou aux actions ciblant les communautés religieuses.

Ce cadre de concertation, fortement attendu, est, désormais, opérationnel. La 1ère rencontre a eu lieu, ce mardi 10 février 2026, au Centre International de Conférence de Bamako (CICB). La seconde assise a été présidée par le ministre des affaires religieuses, du culte et des coutumes, le Dr Mahamadou KONE en présence de son homologue en charge de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général de Corps d’armée Ismaël WAGUE. Des représentants du Haut Conseil Islamique du Mali ont pris part aux travaux, ainsi que l’Archevêque de Bamako ; le Délégué Général de l’AGEMPEM et des membres du corps diplomatique.

L’objectif de cette rencontre visait à partager, avec ces acteurs, les projets et préoccupations du moment et de recueillir leurs avis en vue d’aplanir les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du programme d’activités du département des affaires religieuses. Dans son intervention, le ministre Mahamadou KONE indiquera : « Notre pays, comme beaucoup d’autres, fait face à des tentatives de détournement de la religion de sa vocation spirituelle à des fins idéologiques et parfois violentes ».

Il ressort de son propos que les discours de haine et l’extrémisme ne remettent pas seulement en cause la sécurité publique ; ils s’attaquent aux fondements même de notre cohésion nationale, à l’autorité de l’État et aux valeurs de paix, de tolérance et de vivre-ensemble, qui constituent le socle de notre société. Face à ces constats, l’État assume pleinement son rôle régalien de satisfaction de l’intérêt général en assurant la liberté de culte dans le respect des lois de la République. Cependant, a-t-il reconnu, « l’État ne peut ni ne doit agir seul ».

Le Ministre Mahamadou KONE ajoutera que l’interaction entre le Ministère chargé des Affaires religieuses et les Confessions et Associations religieuses, doit répondre à une exigence d’efficacité dans la réalisation de la mission d’intérêt général, conformément à la vision portée par les plus hautes autorités. « Une action publique efficace repose sur la capacité à fédérer, à dialoguer et à construire des partenariats solides avec les forces morales et sociales du pays, au premier rang desquelles figurent les Confessions et Associations religieuses », a-t-il souligné avant d’ajouter que la présente rencontre de concertation n’est donc pas un simple cadre d’échanges, mais constitue également un instrument de gouvernance.

C’est pourquoi, cette réunion doit être considérée comme un espace de vérité et de responsabilité, afin de clarifier les rôles, de renforcer les mécanismes de régulation, et d’aligner les actions des acteurs religieux avec les orientations stratégiques du ministère des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes. « La concertation, lorsqu’elle est sincère et structurée, devient une force majeure. Elle permet d’éviter les incompréhensions, de prévenir les crises et de consolider la confiance entre le département et les communautés religieuses. Elle est, en définitive, un choix assumé en faveur de la stabilité, de l’unité nationale et du développement durable », dira-t-il.

Au terme des échanges, cette rencontre, selon ses initiateurs, doit déboucher sur des engagements clairs, des recommandations opérationnelles et une feuille de route partagée, à la hauteur des enjeux actuels. « L’histoire jugera notre capacité à agir ensemble, avec lucidité et détermination, pour préserver la paix et l’avenir de notre nation », a-t-il conclu.

Prenant la parole, au nom du Haut Conseil Islamique du Mali, l’imam Ousmane Soli TRAORE a insisté sur l’importance de la tenue de ce cadre de concertation pour le renforcement de la paix et de coexistence pacifique entre les confessions religieuses. Aussi, elle doit être une opportunité pour les participants d’évaluer la mise en œuvre des recommandations de la précédente rencontre.

Pour l’Abbé Abel KASSOGUE de l’Eglise catholique, cette rencontre témoigne de la volonté commune de renforcer le dialogue, la collaboration et la confiance entre l’Etat les confessions religieuses dans un contexte national marqué par de nombreux défis, mais, aussi, une forte espérance de paix et de cohésion sociale. « L’Eglise appelle à un usage responsable du discours religieux dans l’espace numérique », a-t-il lancé. Pour ce faire, il appelle au renforcement de la formation des leaders religieux aux enjeux du numérique ; à promouvoir un discours apaisant et responsable ; à collaborer avec les autorités pour prévenir les dérives et protéger les jeunes, particulièrement, vulnérables dans l’espace digital.

En ces temps de tensions identitaires et de repli communautaire dans d’autres régions du monde, cette rencontre interreligieuse rappelle que la cohésion nationale repose, au Mali, sur une tradition d’écoute, de respect mutuel et d’action concertée entre les guides spirituels.

CIGMA


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