Pour la quatrième année consécutive, le Mali célèbre la Journée nationale de la souveraineté retrouvée, ce 14 janvier 2026. Cette journée, instituée pour commémorer la mobilisation massive du peuple malien contre les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA en 2022, symbolisant la détermination du pays à s’affirmer face aux pressions extérieures et à défendre sa souveraineté. Cette année, l’accent est mis sur la construction du Mali de demain avec pour thème « Souveraineté retrouvée, construisons le Mali de demain ».
Il s’agit de commémorer une célébration, une souveraineté choisie par le Peuple malien mobilisé face à l’oppression et aux sanctions inhumaines. Cette souveraineté, qui a été acquise au prix de la résilience et des sacrifices consentis par les populations, afin de permettre à nos pays de s’affranchir, véritablement de l’impérialisme, de lutter, efficacement contre le terrorisme et d’œuvrer, sûrement au développement économique et social.
RAPPEL DES FAITS MARQUANTS
Rectification de la trajectoire de Transition, en mai-juin 2021 ;
Condamnations et exigences de délai de la Transition, de la part de la CEDEAO et d’autres organisations ;
Adoption, le 2 août 2021, du Plan d’Action du Gouvernement de Transition, prévoyant, entre autres, la tenue des Assises nationales de la Refondation (ANR) ;
Tenue d’une Table ronde les 24, 25 et 26 septembre 2021, en prélude aux ANR et à la création d’une autorité indépendante de gestion des élections ;
Tenue des ANR sur toute l’étendue du territoire national, du 11 au 30 décembre 2021 ;
Missions auprès des Chefs d’État des pays voisins, en vue de solliciter leur compréhension et leur accompagnement de la volonté exprimée par le Peuple malien de procéder à une véritable refondation ;
Double sommet de l’UEMOA et de la CEDEAO, tenu le 9 janvier 2022 à Accra, au Ghana, dont l’objectif était de freiner l’évolution du processus de Transition, à travers notamment la fermeture des frontières entre le Mali et les pays de la CEDEAO, le gel des actifs du Mali au sein de la BCEAO/UEMOA, la suspension des transactions commerciales, la rupture des aides financières et le rappel des ambassadeurs. Sanctions prises sous de fortes influences extérieures, à l’encontre d’un Etat membre (Mali) sans littoral et en guerre contre le terrorisme, depuis une décennie ;
Volonté inébranlable des Autorités de la Transition de poursuivre la mise en œuvre des recommandations du Peuple malien, exprimées à travers les ANR ;
Communiqué du Gouvernement du Mali du 9 janvier 2022, annonçant le principe des mesures de réciprocité, en réaction aux sanctions économiques, financières et diplomatiques ainsi imposées ;
Session extraordinaire du Conseil des Ministres, le lundi 10 janvier 2022, sous la présidence de Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État, pour examiner ces sanctions et mesures extrêmes prises. A l’issue de ce Conseil extraordinaire, le Gouvernement a décidé, notamment : des mesures et sanctions réciproques et l’élaboration d’un plan de riposte pour sauvegarder notre souveraineté et préserver l’intégrité de notre territoire national ;
Adresse à la Nation prononcée le même jour : le Président de la Transition, Chef de l’Etat a lancé un appel au Peuple malien, de l’intérieur comme de l’extérieur, pour une mobilisation générale, en vue de la défense de la Patrie ;
Dans ce cadre, le Chef de l’État, Chef Suprême des Armées, a présidé une réunion du Conseil supérieur de Défense, pour examiner la situation nationale et les mesures pertinentes, qui s’imposent pour la défense nationale et l’intégrité territoriale de notre pays ;
Face aux sanctions, les Autorités de la Transition ont invité à un sursaut national, à travers la mobilisation de toutes les couches socio-politiques, afin de dénoncer ces mesures et réaffirmer l’attachement du Peuple aux idéaux du changement et du renouveau défendu par le Gouvernement de la Transition, pour la restauration de la souveraineté nationale et la refondation de l’Etat ;
Plusieurs organisations, leaders d’opinion et autres personnalités, comme un seul homme, ont spontanément lancé un appel à la mobilisation patriotique des citoyens ;
Le vendredi 14 janvier 2022, plus de quatre (4) millions de personnes se sont mobilisées à Bamako, dans les régions ainsi qu’à l’extérieur, pour dénoncer les sanctions illégales, illicites, illégitimes, inhumaines, iniques, injustes et injustifiées, infligées par la CEDEAO et l’UEMOA ;
Ainsi, malgré les pressions de tous ordres, une forte adhésion a pris corps au sein du Peuple malien, dans une union sacrée, pour soutenir les Autorités de la Transition, qui sont plus que jamais déterminées à donner suite aux résolutions des Assises nationales de la Refondation, traduites dans le Cadre stratégique de la Refondation de l’Etat (CSRE) 2022-2031 et ses Plans d’Action, dont la vision est formulée comme suit : « un Mali nouveau, bien gouverné, sécurisé et stable, soucieux du développement durable, du vivre-ensemble et respectueux des droits de l’Homme et des valeurs socio-culturelles » ;
Au regard de l’impact de la manifestation historique du 14 janvier 2022 sur la vie de la Nation, notamment le renforcement de la résilience des populations, l’engagement du Peuple pour le respect de la souveraineté du pays, l’éveil de conscience, le Président de la Transition a pris l’initiative, lors de la session du Conseil des Ministres du 30 novembre 2022, d’institutionnaliser la célébration de la journée commémorative de cette grande mobilisation sans précédent du 14 janvier comme « Journée nationale de la Souveraineté retrouvée », ce, pour non seulement renforcer les acquis cités ci-dessus, mais aussi raviver le sentiment patriotique pour le respect de la souveraineté nationale et la défense citoyenne des intérêts vitaux du Peuple malien ;
Le Conseil des Ministres du 06 janvier 2023 a adopté un décret instituant la date du 14 janvier, comme « Journée nationale de la Souveraineté retrouvée » (Décret n°2023-0014/PT-RM du 13 janvier 2023) ;
La quatrième édition de la célébration s’inscrit dans le même esprit que les éditions précédentes, en vue de renforcer le sentiment patriotique et magnifier la souveraineté retrouvée, reposant, désormais sur les trois principes constitutionnels, conformément à la vision du Président de la Transition, Chef de l’Etat, Son Excellence Le Général d’Armée Assimi GOITA, à savoir :
– le respect de la souveraineté du Mali ;
– le respect des choix stratégiques et de partenariats opérés par le Mali ;
– la défense des intérêts vitaux des populations maliennes dans toutes décisions prises.
Dans ce cadre, est né le triptyque Défense-Diplomatie-Développement, en vue de mettre la sécurité et la diplomatie au service du développement harmonieux, pour le bien-être des populations.
RÉSULTATS PERCEPTIBLES DU CHOIX ET DE LA VOIE DU CHANGEMENT OPÉRÉS PAR LE PEUPLE MALIEN
On peut retenir principalement cinq (5) catégories d’acquis en termes d’impact ou de changement. Les premiers acquis de l’institution de cette journée furent l’affirmation de la souveraineté de l’État du Mali, ayant comme corollaire la respectabilité du Mali sur la scène internationale ; la confiance du Peuple envers les dirigeants, eu égard à la volonté affichée et aux actes posés, à travers une gouvernance vertueuse/ par l’exemplarité ; le renforcement de la résilience du Peuple, au regard du prix à payer pour la défense de la Patrie ; la détermination du Peuple à soutenir les efforts déployés par les Autorités de la Transition pour la pacification et le développement du pays ; la défense de l’intérêt du Peuple dans le processus décisionnel, aux différents échelons de l’Administration.
D’ores et déjà, depuis la Rectification de la Transition, le changement est perceptible et palpable à bien des égards pour illustrer la marche inexorable vers le Mali kura, à travers :
– la refondation du système de défense et de sécurité pour notre dignité et notre honneur ;
– la refondation de la diplomatie et l’affirmation de notre souveraineté ;
– la refondation de notre système politico-institutionnel, avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle Constitution et la création de l’Autorité indépendante de Gestion des élections (AIGE) ;
– la refondation de nos réalités et valeurs socioculturelles positives, à travers l’institution de la Journée des Autorités et Légitimités traditionnelles et l’élaboration d’un Programme national d’Education aux Valeurs, en vue de l’appropriation de nos valeurs endogènes positives ;
– la refondation de la justice pénale et de la lutte contre la corruption et l’impunité, avec l’adoption d’un nouveau Code pénal, d’un nouveau Code de procédure pénale et d’une Stratégie nationale de Lutte contre la Corruption ainsi que la création de l’Agence de Recouvrement et de Gestion des Avoirs saisis ou confisqués ;
– la refondation de la gouvernance financière et économique, avec la tendance vers une autonomisation des ressources de l’État ;
– la refondation de la production nationale et de la consommation des produits nationaux ;
– la refondation de la communication gouvernementale systématique à l’endroit de l’opinion nationale et de la communauté internationale, en réponse à la campagne de désinformation menée par certains médias impérialistes et leurs sponsors ;
– la refondation des examens et concours de l’État, à travers la transparence à toutes les étapes du processus ;
– la refondation de la citoyenneté, avec l’avènement de l’esprit du Maliden Kura (Citoyen malien de type nouveau), qui a confiance en la gouvernance, qui a confiance en soi et qui a foi en l’avenir.
Conformément aux pertinentes recommandations des Assises nationales de la Refondation (ANR) et au Plan d’Action du Gouvernement (PAG) 2025-2026 du Général de Division Abdoulaye MAÏGA, Premier ministre, Chef du Gouvernement, plusieurs actions concrètes ont été réalisées dans le cadre de la dynamique de refondation engagée dans les domaines susmentionnés, à travers, entre autres :
– la récupération de la base de données RAVEC et son remplacement par un système informatique souverain dénommé « Malikura Biométrie » ;
– l’intégration des besoins liés aux secteurs de la sécurité́ et de la défense dans les priorités de la diplomatie ;
– la poursuite du recouvrement de l’intégrité entière du territoire national et du retour de l’Administration dans les zones précédemment infestées par les ennemis de la paix, comme en témoigne la date historique du 14 novembre 2023, symbole de l’exercice de la souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire ;
– l’intégration de l’imprescriptibilité́ des infractions en matière de délinquance financière dans le code de procédure pénale ;
– la lutte contre la corruption et les atteintes aux biens publics, avec l’opérationnalisation des organes du cadre institutionnel de la Stratégie nationale de Lutte contre la Corruption ;
– la maîtrise des effectifs et de la masse salariale des fonctions publiques de l’Etat et des Collectivités territoriales, à travers le Système intégré de Gestion des Ressources humaines (SIGRH) ;
– la mise en place d’un organe unique indépendant de gestion des élections (AIGE) ;
– le maintien de la forme de l’État unitaire, républicain, décentralisé́, laïc, démocratique et social ;
– la réduction du nombre d’institutions de la République ;
– la militarisation de la Police et de la Protection civile ;
– l’interdiction du nomadisme politique en cours de mandat ;
– l’élaboration d’une nouvelle Constitution ;
– le renforcement de la coopération entre les populations, l’administration et les forces de sécurité́ ;
– le respect des droits humains et la lutte contre l’esclavage ;
– la possibilité pour le Président de la République, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, en vue de la sécurité et de la défense du territoire, d’engager la mobilisation générale ;
– l’accomplissement du service militaire obligatoire par les nouvelles recrues de la fonction publique ainsi que des jeunes volontaires ;
– la poursuite de l’équipement et de la formation des FAMa, garantissant leur montée en puissance ;
– la relecture du code des douanes et du code général des impôts, pour une meilleure mobilisation des ressources ;
– l’accélération de la digitalisation de l’administration, notamment des services fiscaux et financiers ;
– l’organisation d’une conférence sociale dans le domaine du travail, suivie de la signature et de la mise en œuvre d’un pacte de stabilité sociale et de croissance ;
– la réorganisation du territoire sur la base des critères de populations ainsi que des potentialités économiques, socioculturelles et géographiques ;
– la relecture des textes de la décentralisation ;
– la valorisation des autorités et légitimités traditionnelles et leur implication dans la prise de décision ;
– l’augmentation de la participation de l’État au capital des sociétés minières ;
– le soutien à l’accès des entreprises nationales, à la commande publique et à la sous-traitance des entreprises minières et la promotion de produits artisanaux locaux dans les commandes publiques (meubles, ameublement) ;
– la promotion de l’inclusion économique des femmes et des jeunes à travers le financement de centaines de projets générateurs de revenus ;
– la promotion et la création de milliers d’emplois, tant dans le secteur public que dans le secteur privé, ainsi que le placement de milliers de jeunes en stage de formation professionnelle ;
– l’application de l’article 18 du statut général des fonctionnaires concernant le recrutement des personnes vivant avec un handicap à titre exceptionnel ;
– la dynamisation du mouvement des pionniers ;
– le renforcement de la diplomatie, à travers la défense des intérêts stratégiques de notre pays et la restauration de son image de marque sur la scène internationale dans le strict respect des trois principes constitutionnels qui gouvernent l’action publique ;
– l’amélioration de la gouvernance de la migration et la pleine participation des Maliens établis à l’extérieur au processus décisionnel et au développement économique du pays ;
– l’assistance aux Maliens établis à l’extérieur ;
– l’amélioration de la santé animale et de la santé publique vétérinaire, avec la construction de plusieurs parcs de vaccination ;
– la mise en place de dispositifs d’accès aux produits alimentaires grâce à la subvention des prix des denrées ;
– la protection de l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles ;
– le développement et la protection du patrimoine culturel et artistique, à travers la promotion des valeurs sociétales, du vivre-ensemble et de la cohésion sociale ;
– la réalisation d’infrastructures pour faciliter la mobilité des citoyens, la pratique des sports, l’accès aux services sociaux de base, etc ;
– l’adoption et la mise en œuvre d’un programme national d’éducation aux valeurs, comme source de réarmement moral des jeunes.
Somme toute, le chemin parcouru est appréciable et, sans nul doute, il y a des défis persistants, mais le processus de refondation du Mali et de l’Homme malien est irréversible. A tous les niveaux, il faudra consentir des sacrifices, en prélude à un lendemain radieux. C’est le prix du développement harmonieux et durable d’un Mali meilleur que nous devons léguer aux générations futures.
Aussi, devons-nous garder, constamment à l’esprit que le processus de refondation repose, nécessairement sur des valeurs, qui fondent le vivre ensemble, l’appartenance à une communauté de destin, l’amour de la Patrie, la protection du patrimoine national et la sauvegarde de l’intérêt général.
LA CONFEDERATION DES ETATS DU SAHEL : UN SYMBOLE FORT DE SOUVERAINETE DES PEUPLES DE L’ESPACE SAHELIEN
Conformément à sa devise « Un Espace – Un Peuple – Un Destin », l’Alliance des États du Sahel (AES) est un modèle réussi en matière de refondation régionale visant à renforcer la coopération notamment dans les domaines militaire, sécuritaire, économique, humanitaire et diplomatique.
En créant la Confédération AES, les États membres se sont engagés à :
– coopérer en matière de défense et de sécurité, à travers des accords, afin de défendre leur souveraineté et leur intégrité territoriale ;
– coordonner leurs actions diplomatiques à travers le partage d’une même vision et d’une position commune par rapport aux grands enjeux géopolitiques ;
– coopérer en matière de progrès économique et financier en vue de la réalisation d’investissements structurants ;
– promouvoir l’intégration des Peuples par la facilitation de la libre circulation des personnes, des biens et des services ainsi que le droit de résidence et d’établissement dans l’espace confédéral ;
– créer des institutions communes ;
– interdire toute mesure coercitive qui impacterait négativement les populations, la stabilité des États et la solidarité entre les États confédérés.
C’est dans ce cadre que plusieurs actions et initiatives sont enregistrées. Nous pouvons citer, entre autres : la mise en place de la Force unifiée de l’AES ( en réponse aux défis sécuritaires) ; la création de la Banque confédérale d’Investissement et de Développement (en vue de financer les projets stratégiques et renforcer la souveraineté économique des Etats membres) ; la mise en place, en cours, d’un Parlement confédéral ; l’adoption d’un passeport commun ; la création d’un groupe médiatique composé d’une télévision, d’une radio et d’un organe de presse écrite (en riposte à la guerre informationnelle et aux récits extérieurs tendancieux) ; l’affirmation de la diplomatie sur la scène internationale (parlant d’une seule voix) ; la reconnaissance comme une réalité géopolitique ; l’existence de symboles (drapeau, hymne de l’AES) ; des efforts, en cours, dans le domaine douanier et en matière de développement d’infrastructures communes.
L’on comprend, aisément que la naissance de la Confédération AES procède d’une vision souverainiste d’autant qu’elle marque une rupture avec des anciennes pratiques allant à l’encontre des intérêts des Peuples du Sahel.
Synthèse du CIGMA

