La culture constitue un puissant levier pour tisser des liens par-delà les différences et favoriser la paix la cohésion sociale. Elle fédère, favorise le vivre ensemble et soutient ainsi la cohésion sociale, la paix et la sécurité. C’est tout le sens de cette 4ème édition de la Semaine Nationale de la Réconciliation (SENARE) qui s’ouvrira ce matin à Bamako sous la présidence du Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye MAIGA.
Cet événement revêt une importance cruciale en matière de pardon et de réconciliation nationale, particulièrement dans un contexte de recrudescence des tensions marquées par des attaques terroristes ayant causé la perte de vies parmi les militaires et les civils.
La Semaine Nationale de la Réconciliation (SENARE) est organisée sous l’égide du Ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion Nationale, avec pour objectif principal de promouvoir la compréhension mutuelle et le dialogue au sein de la société malienne. Elle vise également à réfléchir sur la capacité du pays à s’unir et à travailler ensemble en vue de construire un avenir harmonieux et pacifique.
Cette initiative instituée par l’arrêté N°2021-5480/MRCPN-SG du 27 décembre 2021, a pour but de réparer le tissu social, gravement endommagé depuis 2012, par une crise multidimensionnelle ayant profondément altérée la cohésion sociale et les valeurs de paix et de vivre-ensemble au Mali. Ainsi, conformément aux recommandations des assises nationales de la refondation tenue en décembre 2021, les Maliens se rassembleront pendant sept jours pour discuter de la paix et de la cohésion sociale, dans le but de guérir les blessures du pays et de prévenir d’autres divisions causées par le manque de compréhension entre les citoyens.
La Semaine Nationale de la Réconciliation (SENARE) représente donc un moment fort de communion, de pardon et de renouvellement des pactes et alliances entre les multiples composantes de la « Duba » ou Grande Famille malienne. Les éditions passées avaient permis de poser les bases d’une mobilisation citoyenne et de valoriser l’art comme outil de dialogue interculturel.
Ainsi, cette 4ème édition vise a magnifié le rôle de notre héritage culturel dans la promotion de la paix, de la réconciliation, de la cohésion sociale et du vivre ensemble les peuples de l’espace AES. Cette édition qui coïncide avec l’année de la Culture au Mali, prend une connotation particulière, car, elle replace la Culture au cœur des politiques publiques, afin de renforcer la souveraineté culturelle du pays et à faire des expressions artistiques et patrimoniales des leviers de développement et de cohésion sociale. D’où le thème « Héritage culturel : facteur de paix et de cohésion sociale dans l’espace AES ».
Raviver la mémoire collective en valorisant les croyances communes et les pratiques culturelles comme vecteurs d’unité
En effet, la fonction unificatrice de notre héritage culturel a été très altérée, ces dernières années, par une instrumentalisation croissante de la culture à des fins de division. Ainsi, la culture a été, de manière croissante, utilisée pour inciter au conflit et dominer des sociétés affaiblies, particulièrement dans les régions les plus fragiles du pays. Cette exploitation de la culture a non seulement contribué au prolongement des crises et à la résurgence des conflits, mais également à la privation de l’exercice des droits de l’homme, notamment des droits culturels. La culture fait pourtant partie intégrante de qui, nous sommes et d’où nous provenons. Du patrimoine culturel aux expressions créatives, la culture contribue à forger l’identité, le sentiment d’appartenance et la création de sens. Elle constitue également une ressource pour stimuler la vitalité, le bien-être et le potentiel d’expression des communautés. Elle façonne, ainsi des sociétés pacifiques par la reconnaissance et le respect de la diversité des cultures et de la liberté d’expression.
Pour le Ministre en charge de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion Nationale, le Général de corps d’Armée Ismaël WAGUE, il s’agit durant cette semaine de revitaliser ses valeurs culturelles, afin de mettre en avant ses valeurs, ses normes, ses traditions, ses symboles et ses récits partagés, qui ont façonné la mémoire collective des communautés du Mali et d’autres pays de l’AES (Burkina Faso et Niger), afin d’en faire des instruments concrets de réconciliation et de résilience, d’une part, puis de co-construction de la Paix, d’autre part. Ainsi, les communautés seront à même de puiser dans leur riche héritage culturel commun, les inspirations nécessaires à la conception et les stratégies adaptées à la concrétisation des initiatives locales de développement, dans la durée.
Ainsi, depuis des siècles, les sociétés sahéliennes ont constitué une mosaïque de cultures reflétant un patrimoine matériel et immatériel exceptionnel, où les modes de vie, les alliances ancestrales, les pactes de cousinage (sinankounya), les contes, les danses et les pratiques spirituelles, entre autres, ont servi de régulateurs sociaux et de mécanismes de prévention des conflits. Cet héritage, transmis de génération en génération, constitue un véritable socle identitaire, qui a permis aux communautés de l’espace sahélien de bâtir des sociétés solidaires et résilientes.
L’édition 2025 ambitionne, ainsi de raviver la mémoire collective en valorisant les croyances communes et les pratiques culturelles comme vecteurs d’unité ; de mobiliser la jeunesse et les femmes autour de la transmission des valeurs ancestrales de paix ; de mettre en exergue le dialogue permanent entre les cultures de l’espace sahélien pour renforcer l’intégration et la fraternité au sein de l’AES ; de donner une dimension internationale à l’année de la Culture au Mali, en positionnant le Pays comme un acteur majeur de la diplomatie culturelle et de la paix. À travers le thème retenu, la SENARE 2025 se veut un moment de commémoration, mais également une plateforme d’actions culturelles, éducatives et symboliques, où l’héritage de nos ancêtres deviendra un outil stratégique pour reconstruire le tissu social et baliser la voie vers un avenir meilleur.
Le Mali à l’aube d’une nouvelle ère de paix et de réconciliation
Le patrimoine culturel, les pratiques culturelles et les arts constituent des ressources permettant de capter l’attention sur des préoccupations urgentes, de traiter les conflits, de réconcilier les anciens ennemis, de résister à l’oppression, de commémorer le passé, de l’imaginer et de donner corps à un avenir plus respectueux de nos valeurs. A travers la « SENARE 2025 », le département de la réconciliation entend sensibiliser nos compatriotes, afin que les générations futures puissent connaître leur identité et leurs origines grâce au patrimoine. D’importants efforts de sensibilisation seront mis en œuvre durant la SENARE pour faire progresser le concept de culture et d’exposer l’importance de certaines valeurs.
En outre, la méconnaissance de la valeur du patrimoine et le manque d’opportunités de s’engager dans la préservation et la sauvegarde de notre héritage culturel dans la sphère publique font que le patrimoine risque d’être irrémédiablement perdu. Elle affaiblit, également, le sentiment d’identité et d’appartenance des jeunes générations, limitant, ainsi, leur capacité à s’engager et à contribuer utilement à la société, dans son ensemble, tout en affaiblissant les fondements de la paix et de la sécurité. D’où la nécessité de les renforcer, à travers la SENARE.
CIGMA

