
Ils avaient annoncé très tôt la reprise d’Anéfis comme un couperet sur les médias sociaux et sur leurs médias partenaires. Ainsi, leurs récits erronés, expertement, écrits et, tendancieusement, distillés dans certains de leurs médias, qui annonçaient une attaque sanglante. Aussitôt, tel un pianiste à la recherche de ses notes perdues, les médias français entrent dans la danse en relayant en boucle, cette information en se contredisant même souvent sur l’ampleur des combats.
Ils étaient loin d’imaginer que l’étau s’était refermé sur eux et que le piège tendu avait pris la proie.
L’attaque d’Anéfis a été marquée par des combats intenses et des pertes significatives pour les groupes terroristes. Les forces armées maliennes et leurs alliés ont donné aux terroristes une réponse historique. Les combats ont été marqués par des attaques simultanées contre plusieurs localités et les forces gouvernementales ont réussi à repousser les assauts avec succès. Les bilans des combats montrent une défaite, sans appel, pour les groupes terroristes. Les autorités maliennes continuent de maintenir la situation de contrôle dans la région.
En effet, après plusieurs jours d’affrontements intenses dans les étendues désertiques de la région de Kidal, les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs alliés russes d’Africa Corps sont parvenus à briser le siège d’Anéfis, une localité devenue, ces derniers jours, l’épicentre de la guerre. Il faut dire que cette percée ne représente davantage qu’un simple succès militaire. Elle permet de maintenir sous contrôle cette position stratégique dont dépend, en grande partie, la présence gouvernementale dans l’extrême Nord-Est du Mali. Située sur l’axe reliant Gao à Kidal, Anéfis est considérée par les militaires comme un verrou géographique essentiel pour toute opération future dans la région.
Il faut noter que depuis plusieurs mois, la localité s’est transformée en base avancée des forces armées maliennes (FAMa). Sa perte aurait constitué un revers majeur pour les ambitions de Bamako de reprendre l’initiative dans une région où les groupes armés ont retrouvé une capacité offensive significative.
Face à cette menace, les autorités maliennes ont misé sur leur principal avantage : la puissance aérienne. Selon l’état-major, une série de frappes a été menée pour sécuriser la route reliant Gao à Anéfis et neutraliser les groupes armés, qui tentaient d’empêcher l’avancée du convoi de renfort. Les bilans donnés par les autorités font état de destructions importantes du côté adverse et des milliers de terroristes neutralisés.
Les images diffusées par l’Africa Corps, après l’arrivée du convoi à Anéfis, ont été, largement, relayées sur les réseaux sociaux. Elles ont démontré que la ville d’Anefis demeure sous le contrôle des FAMa, de même que les grandes villes de la région de Kidal. Cette communication illustre l’importance de la bataille informationnelle, qui accompagne, désormais, chaque opération militaire au Sahel.
La question, qui se pose, donc, est celle de l’exploitation de ce succès. En conservant Anéfis, les FAMa préservent un point d’appui indispensable pour d’éventuelles opérations destinées à reprendre toute l’étendue de la région, symbole de la rébellion, depuis plusieurs décennies. Mais, tenir la ville exigera le maintien des lignes ouvertes à l’approvisionnement de longues durées. Mais, ces lignes pourraient être vulnérables, à travers l’immensité saharienne.
Somme toute, le courage et la détermination, qui caractérisent les FAMa, aujourd’hui, sont suffisants pour contenir les groupes terroristes résiduels, avant de les envoyer au repos éternel, comme disait l’autre.
CIGMA
La bataille d’Anéfis : Les éclaircissements du Chef d’Etat-major général des Armées, le Général de Division, Elisée Jean DAO

« Les FAMa et leurs partenaires ont neutralisé plus de 1 000 terroristes à Anéfis, détruit 14 blindés, 24 véhicules armés et 300 motos », c’est le bilan provisoire des combats d’Anefis annoncé par le Chef d’Etat-major général des Armées, le Général de Division, Elisée Jean DAO.
Le Chef d’Etat-major général des armées a toutefois déploré les pertes enregistrées dans les rangs des FAMa. Il a indiqué qu’une trentaine de militaires sont tombés au combat, auxquels il a rendu hommage, tout en adressant ses condoléances à leurs familles respectives. Il a, également, fait état des blessés, dont plusieurs cas graves, auxquels il a souhaité un prompt rétablissement.
Le Chef d’État-major général des Armées a réaffirmé la détermination des Forces armées maliennes à poursuivre les opérations jusqu’à la neutralisation complète des groupes armés terroristes sur le territoire national.
Voici l’intégralité de l’intervention du Chef d’Etat-major général des Armées sur le plateau de l’ORTM1
ORTM1 : On l’a vu sur les images, vos troupes mènent une opération de ratissage à Anéfis. Comment se présente la situation au moment où nous parlons ?
CEMGA : Permettez-moi d’adresser mes premiers mots d’encouragement à ces hommes que vous voyez, qui se battent jour et nuit, pour leur dire toutes mes félicitations, les encourager pour ce qu’ils sont en train de faire, présenter mes condoléances pour ceux, qui sont tombés, avec honneur et dignité pour la patrie, nos martyrs et souhaiter prompt rétablissement à nos blessés.
Ensuite, pour ce qui concerne la situation, qui prévaut, aujourd’hui à Anefis, je voudrais donner l’information à tous nos concitoyens que Anéfis est, totalement, maîtrisée et sous contrôle des forces armées maliennes. Vous pouvez le voir vous-même : nos hommes ont, pendant plus de 20 heures, effectué des manœuvres de combat, ont cassé le verrou d’Anéfis et ravitaillé nos hommes là-bas. Cette opération avait pour but principal de ravitailler d’abord nos hommes, qui étaient à Anéfis, mais pas que cela, car il fallait aussi mettre fin aux velléités de faire le maximum de dégâts sur l’ennemi pour lui briser ses moyens.
ORTM1 : ORTM1 : Les attaques coordonnées du 4 juillet ont concerné plusieurs de vos emprises. Certains ont été vite repoussées. Qu’est ce qui explique cette intensité des batailles autour d’Anéfis ?
CEMGA : Oui, la bataille d’Anéfis a duré, parce qu’Anéfis est un point stratégique, sur le plan militaire, et, rentre dans un plan global. Les enjeux d’Anéfis sont nombreux. Du point de vue tactique pour nous, mais, surtout, stratégique pour l’ennemi. Le fait, pour l’ennemi de penser que la ville de Kidal ou de Tessalit étaient des faiblesses, l’a poussé à sortir avec tous ses moyens, que nous avons détruits, une première fois. Ayant reçu des renforts de certains pays frontaliers, nous les avons, ensuite, brisés. Cela faisait partie de notre stratégie.
L’enjeu, pour nous à Anéfis, est surtout tactique, car, cela nous permet de garder la porte sur Kidal, de protéger Aguelhok et Tessalit. Nous souhaitions que l’ennemi sorte avec toutes ses forces, car il s’est toujours caché. Il l’a fait cette fois-ci, on l’a frappé, durement, après toutes ces heures de manœuvres et de combats. L’ennemi s’est rendu compte que les moyens, qu’il a engagés espérant récupérer Anéfis, ont été un échec pour lui. Nous étions là pour montrer que, conformément à nos plans, il fallait laisser à l’ennemi une certaine conviction de notre faiblesse, puis le frapper de plein fouet.
Anéfis était, également stratégique, surtout pour les groupes armés, car pour eux, posséder Anéfis, c’est la porte vers Kidal et vers Gao. C’est un terrain où passe beaucoup de trafic, car Anéfis donne, directement, sur le Tanezrouft et peut continuer vers le sud jusqu’à Tessalit, ou vers le nord, pour aller vers les Tamasnat et accéder aux autres pays. Pour eux, c’est important car ils revendiquent l’indépendance et l’application de la chariya, ils veulent un espace, et Anéfis allait être un point très important qu’ils pensaient avoir d’où cet important arsenal qu’ils avaient mobilisé.
Pour nous, c’est important car il faut conserver Anéfis comme une sorte d’appât pour les frapper. Le but ultime est de réduire leurs moyens majeurs, eu égard au soutien qu’ils obtiennent de pays étrangers. Aujourd’hui, les moyens que les terroristes utilisent sont dignes de moyens d’État. Pour nous, l’avantage est surtout tactique d’abord, et plus tard cela nous permettra de garder l’emprise sur cet endroit.
ORTM1 : Est-ce que cette reprise du contrôle d’Anéfis constitue un point de basculement dans le conflit ? Et qu’elle est la situation de Kidal ?
CEMGA : Un point de basculement peut-être oui, car pour nous le but ultime est de casser les moyens majeurs de l’ennemi. Il disposait de blindés, des mitraillettes antiaériennes, de canons antichars et d’une certaine artillerie. Il fallait les attirer pour les détruire, ce qui a été fait. Depuis le 25 avril, nous continuons une campagne aérienne intense contre l’ennemi. Ça aurait pu être une bascule s’il gagnait, mais il ne pouvait pas, car Anefis rentrait dans une stratégie globale qui nous permettait de réduire ses capacités. Il s’est laissé prendre espérant contrôler, mais ce n’est pas possible.
Pour vous parler de Kidal, quand on dit Kidal, les gens ont tendance à voir la région, mais en réalité la ville de Kidal, Aguelhok, ce sont des parties du Mali, et c’est inéluctable. C’est comme un rouleau compresseur que nous déroulons et nous allons y arriver. L’ennemi a été brisé, son rêve a été brisé cette fois-ci. Il va tenter de se reconstituer, nous allons continuer à le surveiller et à le frapper partout. Quand nous avons récupéré Anéfis, nous avons cassé le verrou, ravitaillé nos hommes, et nous continuons le ratissage. Aujourd’hui encore, les opérations continuent, vous avez vu le communiqué, qui fait état de destructions. Nous allons continuer à les traquer, à les frapper jusqu’à ce qu’ils se rendent où qu’ils quittent.
ORTM1 : Après ces succès opérationnels, quelles sont les actions que vous comptez mener pour protéger les populations civiles et empêcher de nouvelles infiltrations ?
CEMGA : La protection des populations civiles est une partie importante de nos missions, car c’est pour ces populations que nous nous battons. Je voudrais profiter de votre micro pour remercier les populations pour leur résilience et tout le soutien qu’elles nous apportent. Je voudrais aussi mentionner le cas du directeur de l’hôpital de Gao, qui nous a soutenus, hier, avec une centaine de kits pour venir en aide aux blessés. Quand on a un pays aussi grand que le Mali, on est confronté à certains défis frontaliers et d’occupation d’espace… forcement l’ennemi tentera des infiltrations, mais partout où il sortira la tête, nous serons là pour répondre. Les populations sont au centre de tout ce que nous faisons, nous sommes missionnés par les autorités pour les protéger. Notre légitimité, je dois le dire, nous la tirons de cette protection, car nous voulons rester crédibles et remplir notre serment.
ORTM1. Alors, quel bilan peut-on dresser, aujourd’hui, de l’ensemble des opérations menées, suite aux attaques simultanées du 4 juillet ?
CEMGA : Depuis le 4 juillet, entre 4h et 5h30 du matin, on a vu une déferlante de vagues terroristes sur certaines positions. Elles ont toutes été contenues et brisées. Aujourd’hui, le bilan évolue. En termes de destruction du côté ennemi, on a dénombré plus d’un millier de terroristes neutralisés. En termes d’engins blindés, 10 au départ, puis 14 identifiés, formellement. Quatre autres ont été retrouvés à la périphérie. En termes de véhicules portant des armes majeures comme des armes antiaériennes 23 et 14,5, c’est un peu plus de 20 et pour d’autres véhicules de transport de combattants, une trentaine détruite, sans compter les motos, qui avoisinent les 300 et plein d’autres dégâts subis par l’ennemi. Du côté ami, nous déplorons la perte d’une trentaine de personnes, nos martyrs, et une soixantaine de blessés dont des cas graves, à qui nous souhaitons prompt rétablissement. Le bilan est élogieux du côté des FAMa et de leurs partenaires. C’est la première fois que l’ennemi est foudroyé de cette manière et nous allons continuer. C’est notre pays, ils doivent revenir à la maison pour ceux, qui sont maliens, et, pour ceux qui ne le sont pas, qu’ils retournent dans leur pays. Au niveau politique, les conditions pour revenir dans le processus de paix sont claires. Je lance un appel : notre pays est un et indivisible et nous attendons qu’ils se manifestent, rapidement, sinon, le rouleau compresseur continuera, Dieu voulant.
ORTM1 : Quel enseignement tirez-vous de cette bataille ?
CEMGA : L’enseignement principal, c’est que c’est pour nous une sorte de test grandeur nature. Ils ont commencé de manière assez violente, la plus violente avant celle d’Anéfis étant les attaques du 25 avril. Ensuite, le 4 juillet, on voit une reconfiguration des capacités ennemies : ce qu’on a détruit le 25 avril, ils l’ont reconstitué très vite. Ils n’ont pas les ressources nécessaires pour acquérir ces armes sans le soutien de pays étrangers. Nous comprenons cette dynamique parce que le jeune garçon, qui dit « Allahu Akbar », avant de tirer sur le transporteur civil ou avant de tirer sur n’importe qui, est loin d’imaginer. Ce sont des gens manipulés, instrumentalisés, endoctrinés.
J’espère qu’ils se rendront compte que ce combat n’aboutira jamais et qu’ils reviendront sur le bon chemin. C’est une volonté de déstabilisation inspirée par notre puissance, qui passe par des pauvres jeunes dont je déplore la mort.
ORTM1 : La sécurisation du territoire national est un défi, aujourd’hui. Dans quelle condition peut-on placer l’état d’esprit des FAMa ?
CEMGA : Les FAMa font face à la situation, avec beaucoup de dignité et de détermination. Quand on a un pays, aussi, grand et riche comme le Mali, on s’attend à ce qu’il fasse l’objet de convoitises internes et externes. Quand les deux se rejoignent, cela amène cette violence. Nous abordons cette question avec détermination, car c’est notre mission, notre serment. Notre peuple nous a missionnés pour le protéger, pour protéger nos frontières et c’est ce que nous faisons. Il n’y a aucun instinct de recul. Je dis mes félicitations, non seulement aux soldats, mais, à toute la chaîne de commandement du PC tactique de Gao, qui a conduit cette opération, aux commandants du secteur de Kidal et à leurs hommes. Nous sommes déterminés : tant qu’ils ne déposeront pas les armes, nous continuerons jusqu’à ce que leurs armes se taisent.
ORTM1 : Un dernier message pour vos partenaires.
CEMGA : Mon dernier mot, c’est pour dire que nous conduisons des opérations conjointes avec nos partenaires. Je voudrais leur dire notre fierté de travailler avec eux, de monter à l’assaut avec eux, de planifier et de continuer à nous battre avec eux. Le fait qu’ils acceptent de venir en partenariat avec nous et les actions que nous avons pu engager, ensemble, sont le fruit d’une certaine sincérité. Nous attendons cela de tous ceux, qui souhaitent aller avec nous : un partenariat dans la dignité, dans la sincérité. Ainsi, nous pourrons aboutir à de très bons résultats. Permettez-moi de dire que, quand vous regardez la situation, il y a quelques mois, ces groupes armés terroristes attaquaient les citernes à tout bout de chemin avec aisance. Aujourd’hui, ils fuient ces citernes qu’ils attaquaient avant. Ce matin, nous avons convoyé 900 citernes, sans compter ceux, qui sont entrés, hier. Ils ont changé pour s’orienter vers des cibles plus molles, des civils, qui voyagent et qui n’ont rien à voir avec le combat qu’ils revendiquent. Quand nous les avons rattrapés et frappés, ils se cachent et se manifestent difficilement. La dernière tentative, celle du 4 juillet 2026, je crois, que nous leur avons administré une très bonne leçon.
Retranscription CIGMA

