Le Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a été, fortement, représenté à cette 2ème édition du Forum International de la Diaspora (FID² 2026), à travers la Direction générale des Collectivités territoriales (DGCT). Ainsi, après l’ouverture du Forum, le jeudi 16 juillet 2026, la diaspora malienne a eu des échanges fructueux avec la Direction générale des Collectivités territoriales (DGCT) sur le panel portant sur : « Protection, réintégration durable des migrants et investissement dans le capital humain : rôle de la diaspora pour un développement économique inclusif au Mali ».
Dans son exposé, le Directeur général des Collectivités territoriales, Abdrahamane CISSE a rappelé l’importance de la décentralisation, qui constitue un levier stratégique pour la mobilisation des compétences et des investissements de la diaspora au profit du développement territorial. Il a mis en lumière le cadre juridique et institutionnel, qui régit la libre administration des Collectivités territoriales et les mécanismes de coopération décentralisée, avant de présenter les acquis enregistrés en matière de financement des investissements locaux.
Il a rappelé que les Collectivités territoriales ont mobilisé près de 340 milliards de FCFA, à travers le Fonds national d’appui aux Collectivités territoriales (FNACT), géré par l’Agence nationale d’investissement des Collectivités territoriales (ANICT), depuis 20 ans. Il a précisé en outre, que l’Etat transfère, annuellement, aux Collectivités territoriales 17,74% des ressources budgétaires de l’Etat, soit 432,554 milliards de FCFA.
Il a, ensuite, insisté sur l’utilité des Programmes de développement économique, social et culturel (PDESC), véritables outils de planification du développement local, prenant en compte les questions de migration. Il a invité les Maliens établis à l’extérieur à inscrire leurs projets dans ces programmes, afin de garantir leur cohérence avec les priorités des Collectivités territoriales et de maximiser leur impact sur le développement économique et social des terroirs.
Le panel a, également, été marqué par les interventions de plusieurs personnalités représentant les organisations de migrants, la diaspora et le secteur privé.
La Présidente de l’Association des Migrants de Retour, Mamou SYLLA s’est réjouie de l’approche Mentorat Protection (AMRAMP) et a partagé son expérience d’ancienne migrante, qui a bénéficié de l’appui de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) ayant facilité son installation et sa réinsertion économique. Elle a insisté sur les actions de son organisation en faveur des migrants de retour, notamment l’accompagnement psychosocial, la formation, l’orientation et l’appui à la réinsertion socioéconomique.
Le représentant du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur, Mamadou Lamine BANE a insisté sur la nécessité de renforcer la protection sociale et psychologique des migrants, leur régularisation administrative, leur insertion économique et la valorisation de leur capital humain. Pour l’intervenant, les Collectivités territoriales doivent être au cœur des dispositifs d’accompagnement des migrants de retour.
Pour la Vice-présidente de l’UDA, Yasmine CISSE, le programme pilote d’agriculture intégrée a été initié avec des maliens de la diaspora, portant sur la valorisation de 300 hectares de terre. Elle a lancé un appel à la jeunesse malienne, afin qu’elle privilégie l’investissement dans des projets productifs plutôt que la migration irrégulière vers l’Europe, dont le coût financier pourrait constituer le capital de départ d’une activité génératrice de revenus.
ainsi, le Coordinateur de projet Mamadou CISSE expliquera le dispositif de mentorat qu’il met en œuvre pour accompagner les migrants porteurs de projets dans leur insertion socioéconomique. Il a, notamment, présenté le « Club des 100 investisseurs de la diaspora », une initiative, qui apporte un accompagnement technique et financier aux promoteurs de projets.
Quant à l’entrepreneur spécialisé dans l’agroécologie Ousmane KONATE, il a partagé son parcours entrepreneurial, démontrant que l’innovation, la valorisation des ressources locales et la persévérance constituent des facteurs essentiels de réussite et de création d’emplois.
À l’issue des communications, un riche échange s’est instauré entre les panélistes et les participants.
Les préoccupations exprimées ont, notamment, porté sur : les mécanismes d’accompagnement des investisseurs de la diaspora ; les dispositifs de protection et de réintégration des migrants de retour ; les possibilités de financement des projets ; les conditions d’accès aux opportunités d’investissement dans les Collectivités territoriales ; le cadre législatif et réglementaire encadrant les investissements de la diaspora dans les Collectivités territoriales ; les facteurs de risque et les opportunités d’investissement ; les conditions de réussite d’un investisseur dans le secteur agricole ; l’importance de la formation pour la réussite des projets structurants ; le rôle de l’OIM dans la réception socioéconomique des migrants de retour ; le renforcement de la sensibilisation et de la vulgarisation des outils et textes législatifs réglementaires pour une meilleure information des maliens de la diaspora.
Les différents panélistes ont apporté des réponses complémentaires en s’appuyant sur leurs expériences respectives. Les réponses des panelistes ont conclu sur la nécessité de renforcer davantage la collaboration entre les différents acteurs, notamment, les maliens de l’extérieur, les Collectivités territoriales, les associations et les organisations partenaires pour une meilleure prise en compte des expertises, des attentes afin d’orienter les investissements vers des projets structurants répondant aux besoins réels des terroirs, créateurs d’emplois pour les jeunes et de richesses au profit des populations et des investisseurs.
La participation de la Direction générale des Collectivités territoriales au Forum International de la Diaspora 2026 a permis de mettre en exergue le rôle important des Collectivités territoriales dans la protection, la réintégration durable des migrants et la mobilisation des investissements de la diaspora, tout en renforçant le dialogue entre les pouvoirs publics, les organisations de migrants, les investisseurs et les partenaires du développement au service d’un développement économique inclusif et durable du Mali.
DGCT


