C’est une étape majeure, aux allures de tournant institutionnel, qu’a franchie le Cercle de Goundam, ce lundi 29 juin 2026, avec le lancement officiel des Cadres sectoriels de concertation. La cérémonie, présidée par le Préfet du Cercle, Amadou Oumar KIDA, dans la salle de conférence de la mairie, a mobilisé élus locaux, services techniques, forces de défense et de sécurité, autorités coutumières et religieuses, ainsi que les acteurs de la société civile.
Dès l’entame, le représentant de l’État a donné le ton en insistant sur l’esprit de la démarche : Les défis de développement, auxquels nos populations sont confrontées, ne peuvent être durablement relevés que par la concertation, la coordination des interventions et la mutualisation des efforts.
Une déclaration, qui traduit l’ambition de refonder la gouvernance locale autour d’un dialogue permanent et structuré. Plus ancienne circonscription administrative de la Région de Tombouctou, le Cercle de Goundam, avec ses 28 086 km² et plus de 90 000 habitants, dispose d’importantes potentialités agricoles, pastorales et halieutiques. Mais, ces atouts cohabitent avec des défis persistants.
Le Préfet Amadou Oumar KIDA n’a pas éludé ces réalités « notre cercle reste confronté à des contraintes structurelles telles que la sécheresse récurrente, l’irrégularité des pluies, l’ensablement et la dégradation des ressources naturelles. À ces difficultés s’ajoutent les besoins pressants en matière de santé, d’éducation, d’emploi des jeunes et de cohésion sociale. Dans ce contexte, l’instauration de cadres sectoriels apparaît comme une réponse structurante », a-t-il indiqué.
Neuf (09) espaces thématiques ont ainsi été institués, couvrant l’éducation, la santé, le commerce, la jeunesse, l’environnement, la promotion de la femme, l’artisanat, les leaders religieux et coutumiers, ainsi que le développement rural.
Dans une allocution empreinte de rigueur institutionnelle, le Préfet a tenu à rappeler les fondamentaux de l’action publique. S’appuyant sur la Constitution du 22 juillet 2023, il a déclaré : « Le Représentant de l’État ne saurait appartenir à un camp. Il ne doit exclure personne et ne doit privilégier personne. Il est le représentant de tous les citoyens, sans distinction ».
Il a, également insisté sur la nécessité de préserver la continuité du service public local, en dissipant toute confusion liée au contexte politique. « La dissolution des partis politiques ne remet, nullement, en cause le cadre juridique applicable aux collectivités territoriales », a-t-il précisé. Il a rappelé que les conseils communaux doivent fonctionner de manière continue, conformément à la loi électorale en vigueur.
Soucieuses d’éviter toute dispersion des efforts, les autorités ont, clairement, défini l’articulation entre les nouveaux cadres et les dispositifs existants, notamment les commissions foncières, les comités de sécurité ou encore les mécanismes de gestion des crises.
Ces cadres sectoriels, a expliqué le Préfet, «ne se confondent pas avec les instances institutionnelles existantes », mais viennent plutôt les renforcer en jouant un rôle technique. Ils ont vocation à alimenter le Comité Local d’Orientation, de Coordination et de Suivi des Actions de Développement (CLOCSAD), instance faîtière de validation des politiques locales.
Insistant sur l’efficacité attendue, il a averti : « Ces cadres ne doivent pas devenir de simples espaces de réunions. La crédibilité de ce dispositif sera appréciée, non pas au nombre de rencontres organisées, mais, à son impact réel sur les conditions de vie des populations », a-t-indiqué
Préfecture de Goundam


