Sous l’égide du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme Garde des Sceaux du Mali, Mamoudou KASSOGUE, s’est ouverte ce mardi à Bamako la réunion préparatoire des experts judiciaires, en prélude à la toute première conférence des ministres de la Justice des pays membres de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Cette session fondatrice a réuni autour du Garde des Sceaux les représentants du Burkina Faso et du Niger, venus engager un chantier stratégique : la construction d’un espace judiciaire commun dans l’aire sahélienne.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre KASSOGUE a salué la portée historique de la rencontre, qu’il considère comme un jalon structurant du processus d’intégration. Il a souligné qu’elle devrait aboutir à la mise en place d’un **Comité interétatique d’experts, chargé de suivre de manière rigoureuse la mise en œuvre des recommandations issues des travaux.
Au cœur des débats figure un enjeu central : l’uniformisation du droit et la création d’institutions judiciaires communes au sein de l’espace AES. Une telle réforme vise à répondre aux besoins concrets des populations et des acteurs économiques, en quête de stabilité sociale, de sécurité juridique et d’un environnement propice à l’investissement.
« L’uniformisation du droit et les modalités de création d’institutions judiciaires communes sont au cœur des réalités que vivent nos populations et les acteurs économiques, qui aspirent à la paix et à la stabilité sociale à travers des mécanismes juridiques et judiciaires garantissant la lutte contre l’impunité », a déclaré le Garde des Sceaux.
Mamoudou KASSOGUE a notamment insisté sur l’impératif de repenser les fondements juridiques de l’activité économique, à la lumière des mutations géopolitiques en cours. Selon lui, cette réflexion doit s’appuyer sur un examen approfondi des cadres normatifs actuels, qui régissent le fonctionnement des entreprises dans la région.
Le Garde des Sceaux a également pointé du doigt les menaces persistantes qui compromettent la paix et la cohésion sociale dans l’espace sahélien : terrorisme, trafic de drogue, financement illicite, traite des êtres humains, et criminalité transnationale organisée. Face à ces fléaux, il a plaidé pour une riposte judiciaire coordonnée, fondée sur un droit pénal harmonisé et portée par une institution judiciaire commune.
Dans cette dynamique, plusieurs thématiques feront l’objet d’analyses croisées : la coopération judiciaire et pénitentiaire, la professionnalisation des acteurs de la justice, ainsi qu’une évaluation comparée des systèmes judiciaires et carcéraux des pays membres.
La réunion ministérielle, prévue pour le 29 de ce mois, à laquelle cette session d’experts sert de socle, s’annonce comme une étape déterminante dans la construction d’un espace judiciaire commun, gage de souveraineté partagée, de sécurité collective et de développement durable.
Dans une sous-région confrontée à de multiples défis, l’AES entend poser les jalons d’une justice transnationale intégrée, crédible et efficace, véritable levier de confiance et de stabilité au service des peuples sahéliens.
CCOM MJDH




