Discours de Son Excellence Monsieur Abdoulaye DIOP, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, lors de la réunion des Ministres des Affaires étrangères de la Confédération des Etats du Sahel (AES), Ouagadougou, le 26 novembre 2025

Je voudrais, tout d’abord, vous transmettre les salutations cordiales et fraternelles de la délégation du Mali et, en son nom et au mien, j’adresse nos sincères remerciements au Gouvernement du Burkina Faso pour l’accueil si chaleureux et l’hospitalité généreuse, dans la pure tradition de l’AES, depuis notre arrivée en terre africaine de Ouagadougou. Le Mali s’honore de participer à cette importante réunion des Ministres des Affaires étrangères de la Confédération des Etats du Sahel (AES), d’autant plus qu’elle est préparatoire à la Deuxième session du Collège des Chefs d’Etat de la Confédération AES. En effet, conformément au Communiqué en date du 04 juillet 2025 du Président de la Confédération des Etats du Sahel (AES), la deuxième session du Collège des Chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel se tiendra à Bamako, en décembre 2025. Je suis heureux de confirmer, ici, les dates du 22 et 23 décembre 2025 pour la tenue de cette importante rencontre au plus haut niveau de nos Etats. Je profite de cette occasion pour saluer le travail remarquable accompli par les Hauts Fonctionnaires de nos trois pays et des Piliers Défense et Sécurité ; Diplomatie et Développement, qui, deux jours durant, ont œuvré à consolider les différents documents de travail. Grâce à ces efforts, réalisés dans l’esprit de fraternité, de convivialité, de solidarité et d’amitié qui a toujours marqué nos relations, des documents de haute qualité sont soumis à notre examen. • Excellences ; • Mesdames et Messieurs, Notre réunion se tient à un moment charnière de la vie de notre Confédération. Moins d’un an et demi après la création de la Confédération AES, à Niamey, le 06 juillet 2024, par Leurs Excellences Le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Chef de l’Etat, Le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’Etat de la République du Mali ; et Le Général d’Armée Abdourahamane TIANI, Président de la République du Niger, Chef de l’Etat, il nous est donné de constater des progrès considérables réalisés par notre jeune Confédération. Dans le domaine de la défense et de la sécurité, des avancées considérables ont été réalisées sur le terrain par nos Forces Armées et de Sécurité, y compris par la Force Unifiée AES, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Malgré les ingérences extérieures, pire, malgré les soutiens de sponsors étatiques étrangers aux groupes armés terroristes opérant au Sahel, nos Forces ont démontré leur capacité à s’adapter aux menaces et à réagir avec efficacité et précision aux attaques lâches et perfides. Comme vous le savez, les ennemis de la paix, soutenus par des puissances étrangères et, hélas, par certains pays de la région, ont étendu leurs actions négatives à une nouvelle dimension, économique, en s’attaquant au tissu économique, aux moyens de production et aux circuits d’approvisionnement, avec l’objectif avoué de déstabiliser les Institutions de nos Etats pour pouvoir étendre leur hégémonie et leur domination sur nos pays et nos populations. Outre cette dimension économique, le nouveau mode opératoire des groupes armés terroristes est accompagné, je dirais même encouragé, par une campagne médiatique sans précédent et contre nature, que je qualifierai de terrorisme médiatique qui voit des organes de presse, essentiellement occidentaux, faire ouvertement l’apologie du terrorisme et se transformer, sans aucune hésitation, en relais et prolongements du terrorisme. Cette presse, proche de pouvoirs en place dans les pays concernés, ne dissimule plus sa hâte à rapporter les méfaits des groupes armés terroristes et, dans le même temps, passer sous un silence assourdissant les victoires de nos Forces de Défense et de Sécurité ainsi que les souffrances de nos populations. Face à cette situation, tant immorale qu’indécente, je rends un hommage appuyé à toutes les victimes, civiles comme militaires du terrorisme au Sahel et je salue, avec force et sincérité, la bravoure, la détermination, le patriotisme et le sens du sacrifice de nos Forces de Défense et de Sécurité. J’adresse la même appréciation aux populations de la Confédération AES, pour leur résilience, leur patience, leur dignité et leur soutien sans faille aux Autorités de la Confédération, en dépit des défis à nous imposés. Je ne saurais poursuivre, Mesdames et Messieurs, sans adresser la profonde gratitude des Plus Hautes Autorités, du Gouvernement et du Peuple du Mali aux Autorités et aux Peuples du Burkina Faso et de la République du Niger. Messieurs les Ministres, chers frères, dans la crise récente que le Mali traverse, le soutien et la solidarité fraternelle et multiforme du Burkina et du Niger ont été déterminants dans notre capacité à surmonter, avec succès, ce nouveau défi. Ainsi, les dizaines de citernes de carburant gracieusement offertes par les Plus Hautes Autorités de la République du Niger illustrent l’esprit de solidarité agissante de la Confédération AES, grâce à laquelle les défis d’un Etat sont des opportunités de complémentarité et de soutien des autres Etats, notamment le rôle joué par les Forces de défense et de sécurité des trois pays et leur bravoure dans la sécurisation des convois de carburant. • Excellences ; • Mesdames et Messieurs, Dans le domaine diplomatique, je salue la cohésion de notre démarche de coordination à tous les niveaux de responsabilité, tant à la Centrale à Ouagadougou, Bamako et Niamey, que dans nos Missions diplomatiques et postes consulaires qui, sur le terrain, ont immédiatement traduit, à travers le monde, nos directives en tenant régulièrement des concertations et en portant, d’une même voix, les messages de la Confédération AES. Je tiens également à saluer, une nouvelle fois, le leadership exemplaire, déterminé et visionnaire de nos trois Chefs d’Etat, marqué par un patriotisme panafricain constant, qui a permis de renforcer la vocation d’intégration sous-régionale de la Confédération AES, à travers des mesures visant la libre circulation et le brassage entre les populations du Sahel, ainsi qu’avec les populations de l’Afrique de l’Ouest. En témoigne, entre autres, la décision prise de faire de l’AES un espace sans visa pour les ressortissants des pays membres de la CEDEAO. S’agissant de la CEDEAO, il est regrettable que, malgré la disponibilité maintes fois
Message du ministre de la Sécurité et de la Protection Civile à l’occasion de la célébration de la Journée Internationale de prévention des Catastrophes, édition 2025

Lundi, 13 octobre 2025 Mes chers compatriotes, Comme chaque année, le Mali, à l’instar de la communauté internationale célèbre le 13 octobre, Journée Internationale de Prévention des Catastrophes. Egalement appelée « Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes », cette date a été retenue par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1989 pour sensibiliser à la réduction des risques et promouvoir une culture mondiale de la prévention des risques. Elle vise également à encourager les pays à réduire les pertes humaines, économiques et en infrastructures en cas de catastrophe, à renforcer les moyens de subsistance, ainsi qu’à améliorer l’accès aux alertes multirisques et aux informations sur les risques de catastrophe. Cette journée constitue un appel à l’action mondiale pour renforcer la résilience face aux risques. Les catastrophes deviennent plus fréquentes, plus coûteuses et plus dévastatrices. Alors que les coûts directs des catastrophes ont atteint environ 202 milliards de dollars par an, le rapport d’évaluation mondial sur la réduction des risques de catastrophe 2025 estime que le coût réel est 11 fois plus élevé. Malgré cela, les investissements dans la réduction des risques de catastrophe (RRC) restent bien trop faibles dans les budgets nationaux et l’aide internationale. Placée sous le thème « Financer la résilience, pas les catastrophes », la Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophe, édition 2025, appelle à un changement radical : financer la résilience maintenant pour éviter de payer les conséquences des catastrophes plus tard. Le financement est le défi unique qui unit les domaines de la lutte contre les catastrophes, du climat, du développement et de l’aide humanitaire. L’avantage de la réduction des risques de catastrophe réside dans le fait qu’elle peut renforcer simultanément tous les autres domaines, grâce à l’accent mis sur la réduction des vulnérabilités et le renforcement de la résilience. Les pays, riches comme pauvres, sont confrontés à des catastrophes plus vastes et plus destructrices. Cette situation est en partie due à la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, mais aussi à des investissements aveugles aux risques, qui accroissent l’exposition et la vulnérabilité des personnes et des biens. En effet, la prévention des risques de catastrophes obéit à une approche holistique, collaborative et multidimensionnelle, visant à protéger les communautés et à renforcer leur résilience face aux aléas naturels et technologiques. Il est donc impératif d’œuvrer à une bonne compréhension des risques, de favoriser l’investissement dans la résilience et de renforcer la gouvernance des risques. Mes chers compatriotes, Les inondations sans précédent que notre pays a connues pendant l’hivernage 2024, nous rappellent l’impérieuse nécessité d’inscrire la stratégie nationale de réduction des risques de catastrophe dans une approche proactive basée sur les actions anticipatoires, à l’effet d’une réduction substantielle des risques de catastrophe. Le Mali n’a pas attendu la définition de ce thème pour mettre un accent particulier sur le financement des activités de renforcement de la résilience. En effet, les expériences tirées de la gestion des catastrophes vécues par notre pays, ont permis la mise en œuvre de mesures préventives de réduction des risques de catastrophes à travers, entre autres, le démarrage des opérations de libération des servitudes des cours d’eau, le curage des collecteurs, la mobilisation d’un fonds spécial destiné à l’achat de moyens d’intervention au profit des services de secours et le relèvement post-crise pour les sinistrés des inondations. C’est le lieu d’admirer les efforts déployés par le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Général d’Armées Assimi GOITA, dans le cadre de la protection de la vie des personnes, la protection de leurs biens et la sauvegarde de l’environnement face aux crises et catastrophes de toute nature. Ainsi, le Gouvernement du Mali a-t-il développé plusieurs initiatives comme : • le renforcement des capacités de la Plateforme nationale pour la Réduction des Risques de Catastrophes ; • le développement d’outil numérique d’alerte précoce : SOS SECURITE ; • l’adoption du mécanisme d’actions anticipatoires aux risques d’inondation et de sècheresse ; • l’adoption du mécanisme de financement des contingences (CERP) avec la Banque mondiale ; • la multiplication d’exercices de simulation impliquant les communautés ; • le renforcement des capacités opérationnelles de la Direction générale de la Protection civile. A cette date mémorable, le Gouvernement du Mali, par ma voix, remercie l’engagement de l’ensemble des parties prenantes pour les implications techniques et financières qui contribuent à renforcer la résilience de nos populations face aux risques et aux catastrophes. Au Premier ministre, Chef du Gouvernement, je réitère ma gratitude pour son leadership dans le management du Comité Interministériel de Gestion des Crises et Catastrophes, dont il est le Président. A mes collègues ministres, j’adresse mes sincères remerciements pour leur disponibilité constante pour la mise en œuvre des différentes instructions et directives des plus hautes autorités en matière de prévention, de gestion et de réponses aux catastrophes. Vive le Mali uni et prospère dans un monde préparé face aux catastrophes avec une réduction substantielle des dommages. Qu’Allah bénisse le Mali ! Je vous remercie !
80e Assemblée Générale des Nations Unies : La deuxième réplique du Mali à l’Algérie

Deuxième réplique de Son Excellence Monsieur Issa KONFOUROU, Ambassadeur, Représentant permanent du Mali auprès des Nations Unies, en réaction à la déclaration de l’Algérie à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies. New York, le 29 septembre 2025 Merci Madame la Présidente ; Je ne prendrai pas beaucoup de temps. J’ai juste demandé la parole pour dire que j’ai écouté attentivement la réaction du Représentant de l’Algérie. Je m’attendais à des réponses sur les faits à l’origine des tensions entre le Mali et l’Algérie. En lieu et place, ce sont toujours les mêmes invectives et les attaques personnelles que j’ai entendues. Le fond du problème, c’est : • premièrement, les ingérences inacceptables du régime algérien dans les affaires intérieures du Mali et; • deuxièmement, la destruction du drone des Forces armées et de sécurité maliennes par le régime algérien. Donc, j’ai deux demandes pour lui : • la première, c’est de l’inviter à dire à ses autorités de donner leur consentement à la requête introductive d’instance que le Mali a formulée au niveau de la Cour Internationale de Justice. A mon avis, c’est le cadre approprié pour faire valoir les éléments de preuves, s’il ne veut pas le faire devant l’Assemblée ; • deuxième demande, c’est d’inviter ses Autorités à cesser les actions hostiles contre le Mali et à privilégier une approche constructive et respectueuse des relations anciennes, fraternelles et de bon voisinage entre le Mali et l’Algérie dans le règlement des différends qui nous opposent. Merci Madame la Présidente. CIGMA MAECI
80e AG de l’ONU : Droit de réponse du Mali à l’Algérie

New York, le 29 septembre 2025 Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs, La délégation du Mali n’a pas pour habitude d’exercer un droit de réponse. Cependant, les attaques personnelles, grossières et condescendantes du Ministre algérien des Affaires étrangères m’obligent à intervenir pour corriger les contre-vérités que nous avons entendues. Par respect pour le décorum de cette Auguste Assemblée et pour l’idéal incarné par les Nations Unies, la délégation du Mali ne s’abaissera pas au niveau des invectives et attaques personnelles à la limite de la décence, proférées par le Ministre algérien des Affaires étrangères. Ce faisant, il a délibérément choisi de ne pas dire un seul mot des affaires à l’origine des tensions inédites entre nos deux pays. Pour ma part, je réitère la teneur de la déclaration du Mali, prononcée par le Général de Division Abdoulaye MAIGA, Premier ministre, Chef du Gouvernement de la République du Mali, le 26 septembre 2025, pour rappeler que les tensions actuelles entre nos deux pays prennent leur origine essentiellement dans les ingérences intempestives et inacceptables du régime algérien dans les affaires intérieures du Mali. Le peuple malien a décidé de prendre son destin en main et s’est approprié son processus de paix. Ensuite, est venu se greffer le différend concernant la destruction, par les Forces armées et de défense algériennes, d’un drone de reconnaissance et de surveillance des Forces armées et de sécurité maliennes, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025. Quelques heures après cet incident, le Gouvernement du Mali a pris connaissance, par voie de presse, d’un communiqué du Ministère algérien de la Défense revendiquant la destruction d’un drone qui aurait violé l’espace aérien de l’Algérie sur 02 km. Afin d’approfondir les enquêtes, les autorités maliennes ont demandé aux autorités algériennes de leur fournir des éléments probants de leurs allégations. Plus de 72h après, aucune suite satisfaisante n’a été fournie par la partie algérienne. A l’issue de ses propres enquêtes et sur la base de preuves scientifiques publiées le 06 avril 2025 par Communiqué n°073, le Gouvernement du Mali a abouti à une certitude absolue: le drone des Forces Armées et de Sécurité maliennes a été détruit suite à une action hostile préméditée du régime algérien. Cette conclusion repose, entre autres, sur 1. le silence coupable du régime algérien et son refus de coopérer; 2. les données précises de la trajectoire de l’appareil, enregistrées dans le système, prouvent sans ambiguïté que l’appareil n’a jamais quitté l’espace aérien de la République du Mali. Mieux, le point de rupture de liaison du drone et le point de localisation de l’épave sont tous situés sur le territoire national malien; Vous comprenez par vous-mêmes que les allégations d’une prétendue violation de l’espace aérien algérien sur 02 km est une absurdité. Sinon, comment l’épave du drone se serait retrouvée en territoire malien à 9.5km de la frontière algérienne, si l’appareil avait réellement violé l’espace algérien sur 02 km? Les lois élémentaires de la physique rendent tout simplement impossible la dérive d’un drone abattu sur 22 km dans les airs. Il s’agit purement d’un acte d’agression inédit dans l’histoire des relations entre le Mali et l’Algérie. Cette action hostile, inamicale et condescendante est une preuve supplémentaire, si besoin en était, que le régime algérien parraine le terrorisme international au Mali et au Sahel. En effet, la destruction du drone malien avait clairement pour finalité d’entraver la neutralisation de groupes armés ayant revendiqué des actes terroristes. Face à cette agression caractérisée et au refus de coopération du régime algérien, le Gouvernement du Mali a décidé d’introduire une requête introductive d’instance au suiet de ce différend devant la Cour internationale de justice (CIJ). Il est regrettable là aussi, même si nous ne sommes pas surpris, de constater que le régime algérien a notifié son refus d’accepter la compétence de la CIJ. Comme moyen de défense, le régime algérien prétend respecter cette juridiction internationale. Il est facile de comprendre que cette affaire de drone malien abattu suscite un véritable embarras au sein de la junte algérienne. En effet, si le régime algérien avait du respect pour la justice internationale, comme elle le prétend, elle aurait dû accepter de déférer à la Cour internationale de Justice pour y présenter les éléments de preuve prétendument à sa disposition. Ce refus atteste non seulement de la négation de la justice internationale par le régime algérien, mais également de son mépris de la légalité internationale. C’est également un aveu de son indubitable culpabilité à la face du monde. Le manque de transparence du régime algérien vis-à-vis de la CIJ crédite davantage l’argument du Gouvernement malien sur la destruction de son drone et constitue une preuve supplémentaire du soutien de l’Algérie aux groupes armes terroristes. Le Gouvernement du Mali déplore le fait qu’au lieu de répondre aux faits établis et suffisamment documentés, le régime algérien privilégie une stratégie de fuite en avant et des invectives diffamatoires pour tenter de dissimiler son soutien aux groupes extrémistes, y compris les chefs terroristes ciblés par le drone malien abattu. Le Gouvernement du Mali dénonce cette agression flagrante du régime algérien contre la République du Mali, en totale contradiction avec le soutien total du Mali au Front de Libération Nationale (FLN) et avec sa participation effective à la guerre d’indépendance du peuple algérien frère, ami et voisin. Par conséquent, le Gouvernement du Mali réitère son appel au régime algérien à cesser ses ingérences intempestives et inacceptables dans les affaires intérieures du Mali et son soutien aux formations terroristes qui déstabilisent le Sahel. Le régime algérien gagnerait à concentrer ses efforts et son énergie sur ses propres contradictions et défis de gouvernance internes, ô combien importants et desquels il veut détourner l’attention. Nous renouvelons notre appel au régime algérien à changer d’approche, à améliorer ses relations avec ses voisins et à travailler de bonne foi à la stabilité, à la sécurité collective et au développement durable dans la région, dans le respect de la souveraineté des Etats. Je termine en rassurant que le Gouvernement du Mali ne ménagera
Discours du Général de Division Abdoulaye MAIGA, Premier ministre, Chef du Gouvernement du Mali à la tribune de la 80ème Assemblée générale des Nations Unies

New York, le 26 septembre 2025 * Madame la Présidente de l’Assemblée générale, * Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, * Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, * Mesdames, Messieurs, A l’entame de mes propos, j’ai l’honneur de vous adresser les salutations cordiales et de vous transmettre les messages des Pères fondateurs de la Confédération des Etats du Sahel (AES) Leurs Excellences Le Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat de la République du Mali, Président de la Confédération des Etats du Sahel (AES), le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Chef de l’Etat, et le Général d’Armée Abdourahamane TIANI, Président de la République du Niger, Chef de l’Etat. Je vous prie de recevoir également les salutations chaleureuses du peuple digne de l’AES, plus que jamais déterminé à se libérer du joug de l’impérialisme et à réaliser son auto-détermination dans un esprit panafricaniste. En vous adressant les vœux de succès de la Confédération des Etats du Sahel pour votre élection à la présidence de cette 80ème session de l’Assemblée Générale, Madame la Présidente, je félicite, en même temps, votre prédécesseur, Son Excellence Monsieur Philémon Yang, de la République du Cameroun, pour son leadership exemplaire durant les travaux de la 79ème session. Qu’il me soit enfin permis de réitérer au Secrétaire général, Monsieur António GUTERRES, notre appréciation des efforts qu’il continue de déployer pour la réalisation des nobles objectifs de notre Organisation commune. * Mesdames et Messieurs, Le thème de cette 80ème session de l’Assemblée générale, à savoir « Mieux ensemble : plus de 80 ans au service de la paix, du développement et des droits humains » est d’une importance toute particulière pour les Etats membres de la Confédération AES. 2 Oui, la paix, l’entraide, le développement et la préservation des droits humains demeurent les principaux objectifs, voire la raison d’être des Nations Unies. Hélas, ces objectifs essentiels n’ont jamais été autant ébranlés dans le monde et au Sahel précisément, du fait essentiellement des groupes armés obscurantistes instrumentalisés et soutenus par des sponsors étatiques étrangers. Les Etats membres de la Confédération des Etats du Sahel sont à l’avant-garde de la lutte contre le terrorisme, qui constitue à la fois une menace réelle à la paix et à la sécurité internationales, mais aussi et surtout une atteinte grave aux fondements mêmes de nos Etats. Sous l’impulsion de nos Chefs d’Etat, les Forces de Défense et de Sécurité des trois pays de la Confédération AES travaillent étroitement, dans un élan de collaboration et de complémentarité sans précédent, et sont portées par un engagement commun et une mutualisation des efforts, pour endiguer le fléau du terrorisme. Cette nouvelle dynamique, articulée autour du renforcement des capacités opérationnelles de nos Forces de Défense et de Sécurité, à travers un recrutement massif, une formation adéquate et la fourniture d’équipements appropriés, produit chaque jour des résultats encourageants sur le terrain confirmant ainsi, toute la pertinence de notre décision souveraine de nous mettre ensemble pour combattre nos ennemis communs. A la différence de certains Etats qui ont ouvert des couloirs de passage sur leur territoire aux terroristes, en vue d’attaquer d’autres pays, ou d’offrir leur territoire comme base arrière, les pères fondateurs de l’AES, par engagement panafricaniste, et dans le soucis de préserver les intérêts de leurs populations, ont décidé de sécuriser leur pays tout en évitant une propagation de la menace vers d’autres régions africaines, voire dans le monde, effectuant ainsi un véritable travail de sécurité publique régionale et mondiale. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que par leur sacrifice, les vaillantes Forces de Défense et de Sécurité de l’AES contribuent à la sécurité d’autres régions, notamment les pays situés sur la côte ouest- africaine. Nous saisissons cette opportunité pour nous incliner devant la mémoire des victimes civiles et militaires de l’insécurité dans le Sahel. 3 L’approche souverainiste mise en œuvre s’inscrit dans le cadre de la vision portée par les Chefs d’Etat de l’AES dédiée à la sécurité de nos Etats, suite au retrait des Forces internationales. Défiant tous les pronostics et loin de se saborder, nos pays ont fait preuve d’ingéniosité en se fondant sur le substrat historique, géographique, et la capacité de résilience des peuples confédérés qui, malgré plus d’une décennie de crises sécuritaire et humanitaire, continuent de démontrer une force exceptionnelle d’engagement patriotique. En somme, nos trois pays ont su apporter une réponse coordonnée et endogène à cette guerre qui nous a été imposée. C’est le lieu de renouveler ici la détermination pleine et entière de la Confédération AES à devenir une puissance régionale panafricaniste ; à poursuivre et à intensifier ses actions, en vue de bouter à jamais le terrorisme hors de notre espace commun ; à consolider l’autorité de l’Etat ; à protéger nos populations et leurs biens, et à assurer notre prospérité. La Confédération AES réitère avec force sa ferme condamnation du soutien ouvert et parfois exprimé publiquement, de sponsors étatiques étrangers qui, pour des motifs impérialistes, déstabilisent notre entité d’une part, en mettant à la disposition des groupes terroristes des conseillers, des moyens logistiques, et des armes et munitions, d’autre part en leur accordant un soutien politique et en leur offrant des bases arrière situées dans certains pays voisins, en violation de toutes les règles internationales. * Mesdames et Messieurs, Aussi éloignée qu’il n’y paraît, la guerre en Ukraine et le terrorisme dans le Sahel, ont des connexions. 4 A titre de rappel, après l’attaque terroriste contre une patrouille des Forces de Défense et de Sécurité maliennes, du 24 au 26 juillet 2024 à Tinzawatène, dans la région de Kidal, le Mali avait dénoncé cet incident dans son allocution de 2024 ici même, et condamné l’attitude d’officiels Ukrainiens qui ont publiquement revendiqué leur participation à ladite attaque terroriste. De ce comportement atypique, nous avons déduit tout simplement que les officiels ukrainiens ont malheureusement confondu la scène internationale et la scène de théâtre. Une année plus tard, la situation s’est accrue et le régime ukrainien est devenu l’un des principaux
Discours à la nation du Président de la Transition à l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance du Mali.

Koulouba || 22 septembre 2025 Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, Hôtes du Mali, En ce jour de mémoire et de devoir, je rends grâce à Allah le Tout-Puissant de nous offrir la chance, pour la 65ème fois, de célébrer la marche souveraine de notre Nation. Nous nous inscrivons fièrement dans la dynamique des pères fondateurs du Mali et leur rendons un vibrant hommage en ce jour anniversaire. Les idéaux qu’ils ont toujours défendus et qui demeurent des réalités de notre temps, continueront de nous servir de boussole. Au Président Modibo Keïta et à ses compagnons de lutte, la Nation malienne exprime sa reconnaissance pour l’éveil des consciences. Mes chers compatriotes, En plaçant les Forces Armées et de Sécurité au cœur de l’action gouvernementale, notre ambition commune est de disposer d’une armée autonome, capable d’assurer la défense souveraine du territoire national, de protéger les intérêts fondamentaux du Mali, de contribuer à la sécurité et à la stabilité régionales et internationales. Les récentes attaques lâches des groupes armés terroristes contre des civils innocents, traduisent largement leur désarroi face à l’intensification de la pression des Forces Armées et de Sécurité sur le terrain. J’invite les populations à ne pas céder à la désinformation de ces groupes sans foi ni loi. Nous devons plus que jamais rester unis et solidaires face à l’illusion des imposteurs et de leurs sponsors étatiques. C’est unis dans l’action que nous réaliserons notre souveraineté. De 2020 à nos jours, de nombreuses initiatives pour le renforcement et le rayonnement des Forces Armées et de Sécurité ont été prises. A travers le plan DOUGOUKOLOKO, élaboré en 2024, nous avons pu davantage restaurer l’autorité de l’Etat et réaffirmer notre souveraineté sur toute l’étendue du territoire national. Dans le cadre de la mise en commun des efforts opérationnels face au terrorisme, l’opération AN SIGUIGNOGON a permis d’accentuer la coordination opérationnelle et sécuritaire avec les pays frères de l’AES. Pour soutenir le processus de renforcement des Forces Armées et de Sécurité, nous continuons d’accentuer l’acquisition d’équipements, la réalisation d’infrastructures indispensables, la consolidation des effectifs à travers des recrutements cycliques et la formation continue du personnel. L’adaptation et la mise à jour de notre doctrine militaire nous permettent à la fois de faire face aux menaces émergentes et constituent également un gage d’interopérabilité avec les armées de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel. Dans le même temps, la diversification de nos partenariats constitue une initiative salutaire. Mes chers compatriotes, Au moment où nous célébrons le 65ème anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, je tiens à saluer les efforts constants de notre outil diplomatique pour faire respecter, par un nombre croissant de partenaires, les principes constitutionnels qui guident l’action publique et la politique extérieure du Mali. Nous inscrivons notre action dans le cadre de la préservation du bon voisinage tout en exigeant en retour le respect de notre souveraineté. Par ce positionnement, nous prenons à notre compte les ruptures géopolitiques qui caractérisent le monde actuel. Mes chers compatriotes, Depuis 2020, notre économie fait preuve d’une grande capacité d’adaptation et de résilience malgré les contraintes sécuritaires et géopolitiques. A ce titre, le Mali a poursuivi ses efforts dans le sens d’une gestion efficiente des finances publiques et de la préservation d’une trajectoire de croissance positive de l’ordre de 6% en 2025 contre un déficit budgétaire de -2,7% attendu. Avec la mise en place de la plateforme Trésor-pay à la faveur de la digitalisation, les recettes publiques issues des services digitalisés ont connu une augmentation significative. Mes chers compatriotes, Je ne saurais passer sous silence la question énergétique qui a longtemps alimenté les débats publics. Grâce à la participation patriotique du peuple malien au Fonds de soutien aux Infrastructures de Base, la fourniture d’électricité s’est améliorée. Les centrales solaires de Safo, Sanankoroba et Tiakadoukou avancent de manière satisfaisante, et la création de l’Agence nationale des Énergies Renouvelables constitue une réforme majeure pour relever le défi du mix énergétique. Mes chers compatriotes, L’exploitation des ressources minérales de notre pays a connu une profonde mutation ces dernières années. En effet, le nouveau Code minier, avec toutes les innovations qu’il apporte dans la gestion des ressources minérales a commencé à produire ses effets à la suite du basculement des sociétés minières existantes et l’entrée progressive dans son champ d’application de toutes les autres sociétés à l’occasion du renouvellement éventuel de leurs titres. L’une des avancées majeures réside dans le lancement des travaux de la future raffinerie d’or du Mali en partenariat avec la Russie. Dans le cadre de la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement Durable 2024-2033, les réformes se poursuivent pour améliorer le climat des affaires et accélérer la digitalisation. Mes chers compatriotes, Dans le cadre de la modernisation de notre administration, je me réjouis de constater les efforts importants engagés pour la mise en place du Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines de la Fonction publique de l’Etat et des Collectivités territoriales. Mes chers compatriotes, Ce 65ème anniversaire de notre indépendance coïncide, comme par un signe des temps, avec l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, un document de référence qui fixe désormais le cap pour la résolution durable des conflits dans notre pays. Elle vise, par le dialogue, à consolider l’indépendance et la souveraineté nationales, à stabiliser le pays, à favoriser le retour de la paix, et à créer les conditions indispensables pour la relance économique et la bonne gouvernance. C’est le lieu de saluer les efforts inlassables des femmes et des hommes qui œuvrent au quotidien pour la pacification de notre pays. Aussi, la détermination du Gouvernement a permis des réalisations majeures dans le cadre de la consolidation de la paix et de la cohésion sociale sans lesquelles tout processus de développement serait voué à l’échec. Mes chers compatriotes, Notre justice a connu de profonds changements ces dernières années, favorisant un accès facile des citoyens à la justice ainsi qu’une meilleure administration de celle-ci pour répondre aux attentes pressantes des populations. S’agissant des réformes courageuses