La ville de Tombouctou vibrera à partir d’aujourd’hui 18 décembre 2025, au rythme de la culture et des arts à l’occasion de la Biennale Artistique et Culturelle 2025. Véritable vitrine de la diversité culturelle du pays, cette manifestation d’envergure nationale mettra en compétition les 19 Régions ainsi que le District de Bamako dans de nombreuses disciplines artistiques et culturelles, telles que le théâtre, le ballet, l’orchestre, la danse traditionnelle, le chœur, le solo de chant et l’exposition d’objets d’art.
Placée sous le thème « La Culture, socle pour l’ancrage de la 4ème République », cette édition coïncide avec l’Année de la Culture, renforçant ainsi la volonté des autorités de promouvoir les valeurs culturelles comme fondement de la cohésion sociale et de l’identité nationale. Plus qu’un simple concours artistique, la Biennale 2025 sera un moment fort de communion, de transmission et de célébration du patrimoine culturel malien.
La Cité des 333 saints, Cité du Savoir, la lumière et la perle du désert, s’est revêtue de ses plus beaux atours pour accueillir la jeunesse malienne dans toute sa diversité. En effet, la Cité consensuelle avait promis, en 2023, à Mopti, d’être au rendez-vous de la jeunesse malienne. Aujourd’hui, cette ville, véritable bénédiction divine dont l’histoire se plie sur une discipline quasi mystique des érudits, est prête à accueillir le Mali.
Un brasage interculturel du Mali au rendez-vous
À quelques heures de l’ouverture officielle de la Biennale artistique et culturelle, la ville de Tombouctou affine ses préparatifs sous l’œil vigilant du Chef de l’Exécutif Régional, Bakoun KANTE. Dans la Cité des 333 Saints, populations locales, acteurs culturels et autorités se mobilisent pour faire de cet événement majeur une véritable célébration de l’identité et de la diversité culturelle du Mali.
Placée sous la présidence du Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye MAÏGA, cette biennale est placée sous le signe de la paix, de la cohésion sociale et du rayonnement culturel. La Biennale artistique et culturelle 2025 s’annonce comme un grand rendez-vous de brassage culturel, de vivre-ensemble et d’hospitalité. L’ambiance est déjà à la fête avec un public motivé, une mobilisation communautaire remarquable et une volonté partagée de montrer au monde un Mali uni, riche de sa culture et de son patrimoine.
Aussi, cet évènement suscite beaucoup d’enthousiasme au-delà des frontières. En effet, en plus des artistiques nationaux, l’évènement mobilise une forte mobilisation au sein des Etats de la Confédération de l’AES. Preuve de l’intérêt international que suscite l’événement, un important groupe de touristes étrangers, de nationalités américaine, anglaise, polonaise et slovène, s’est envolé, ce lundi 15 décembre 2025, pour Tombouctou. En provenance de Bamako, où ils ont transité, ces visiteurs participeront, non seulement à la Biennale, mais, également au Forum des civilisations, organisé en marge des festivités dans la mythique cité saharienne.
Sur le plan national, la mobilisation artistique est également effective. Les troupes, venues de tout le pays, sont déjà arrivées à Tombouctou, prêtes à prendre part aux différentes compétitions et animations culturelles, qui marqueront ces dix jours de célébration.
Biennale Artistique et Culturelle, la culture au service de la jeunesse depuis 1962
En effet, la Biennale artistique et culturelle du Mali est un événement d’envergure nationale soutenu par le gouvernement, dont l’histoire est concomitante de celle de l’indépendante de notre pays en 1960. Issue des premières « Semaines nationales de la jeunesse » mises en place par le Président Modibo Keïta dès 1962, la biennale a pris naissance sous le régime de Moussa Traoré en 1970. Elle a été interrompue à la chute du régime monolithique de la deuxième République en 1991 et n’a, véritablement repris sous l’appellation Biennale artistique et culturelle et dans sa forme actuelle qu’en 2003, après une tentative en 2001 sous le nom de Semaine nationale des arts et de la culture (SNAC). Depuis 2005, la biennale accompagne la politique de décentralisation mise en place par le gouvernement à partir de 1991. Elle est, en effet, délocalisée dans différentes villes du pays au lieu d’être organisée dans la capitale, Bamako, comme c’était le cas auparavant. Par sa riche histoire, la biennale a permis l’éclosion des grands noms de la scène musicale malienne nationale et internationale (Ali Farka Touré, Oumou Sangaré, Nahawa Doumbia, Fatani TOURE…) tout en imprégnant en profondeur les représentations des générations d’artistes, qui y ont participé.
En effet, l’institution de cet évènement culturel répond à la nécessité impérieuse de valoriser notre culture, à travers ses musiques et ses danses issues des « traditions » locales, qui sont exploitées dans le sens de la construction d’une identité culturelle nationale. Il s’agissait, également d’une volonté politique visant à promouvoir la diversité culturelle du Mali, à travers des épreuves de ce concours artistique, qui mettaient en concurrence l’ensemble des populations maliennes. En outre, la biennale est une initiative inédite pour mettre en place les politiques culturelles fédératrice d’un moteur du développement, un facteur de paix et de cohésion sociale, ainsi qu’une plateforme artistique à destination des programmateurs étrangers.
L’organisation de la Biennale artistique et culturelle revête surtout de cette volonté de créer une culture nationale à l’image de nombreux États africains à l’époque nouvellement indépendants. Notre pays s’est tourné vers ses ressources culturelles, en particulier les musiques et les danses, pour construire son identité nationale. La valorisation de ces ressources a entraîné la création de formations artistiques comme l’Ensemble instrumental et le Ballet national. Un demi-siècle plus tard, l’accent est toujours mis sur ces pratiques artistiques, associées dans les discours aux notions de « tradition », « patrimoine » et « authenticité ».
Concrètement, la biennale, « qui est à la fois une action artistique et une opération politique », est un festival mettant en compétition pendant dix jours toutes les régions du pays. Différentes phases de sélection précèdent la phase nationale. Les plus petites unités administratives concourent d’abord lors de la phase locale (compétitions inter quartiers ou inter villages), puis les artistes promus se rencontrent lors de la phase régionale (inter cercles ou inter communes). Les artistes distingués par ce système sélectif (musiciens, danseurs, acteurs) constituent, ensuite, des troupes régionales, chacune composée d’une centaine de membres, qui se rencontrent au niveau national, lors de la biennale proprement dite. La biennale concerne donc près d’un millier de personnes, en ne comptant que les troupes artistiques. Soumises à l’appréciation d’un jury composé de membres choisis parmi les personnalités importantes du milieu artistique et culturel malien, les troupes doivent s’illustrer dans huit épreuves artistiques : orchestre moderne, ensemble instrumental traditionnel, solo de chant, chœur, pièce de théâtre, exposition d’objets d’art, danse traditionnelle et ballet à thème.
La plus grande rencontre de la jeunesse malienne dans sa diversité
Les intitulés de ces disciplines montrent l’importance accordée à la musique et à la danse, considérées comme des produits culturels représentatifs des populations maliennes depuis l’indépendance et mis en valeur au sein des formations nationales. La biennale a, en effet pour vocation de mobiliser l’ensemble de la population autour des ressources culturelles du Mali, considérées comme une véritable richesse, dans le but de promouvoir le patrimoine national en même temps que la créativité artistique. Elle dispose d’un règlement officiel qui détaille les modalités des épreuves.
Ce règlement mentionne ainsi les objectifs généraux à savoir renforcer l’unité nationale et la cohésion sociale ; créer l’émulation entre groupes artistiques ; préserver l’identité et la diversité culturelle ; revivifier l’art traditionnel et soutenir la création ; détecter les talents et assurer leur promotion ; contribuer au plein épanouissement de la jeunesse dans le domaine des arts et de la culture ; contribuer à la préservation et à la promotion du patrimoine culturel national. Ces objectifs sont similaires à ceux, qui ont accompagné la mise en place des premières Semaines nationales de la jeunesse en 1962.
La biennale est donc l’héritière de cet événement lié à l’acquisition de l’indépendance du Mali où il s’agissait de mettre en scène le patrimoine culturel malien et d’en faire un vecteur de la construction identitaire nationale. Aujourd’hui encore, elle lie, les notions de patrimoine, de création artistique et de construction identitaire. Nourrie d’un imaginaire fort, la biennale est investie de différentes valeurs comme celle d’être un « facteur de cohésion sociale » permettant le « brassage des populations », grâce, notamment à la légendaire Diatigiya malienne, « l’hospitalité ».
2025, décrétée année de la culture au Mali par le Président de la Transition Assimi GOÏTA ou le retour aux fondamentaux
En tout cas, le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Assimi GOÏTA a affirmé cette volonté faire de la culture la priorité des priorités pour le développement du Mali. Ainsi, dans son Adresse à la Nation du Président de la Transition à l’occasion du Nouvel An 2025, a décrété 2025, année de la culture. Cette annonce marque un tournant décisif pour notre pays.
Et cette séquence : « Conformément à ma vision de donner une culture du Mali Kura à la jeunesse et à inculquer les valeurs sociétales aux jeunes du Mali, dans une dynamique de revitalisation culturelle de nos territoires, je décrète l’année 2025, l’Année de la Culture au Mali. Toute chose qui participe à la renaissance culturelle de notre pays avec nos valeurs cardinales de paix, de cohésion sociale et une promotion accrue des talents de nos artistes. Avec une valorisation de notre patrimoine culturel commun. A cette occasion, j’invite les maliens à revitaliser nos valeurs culturelles et à célébrer notre riche culture durant cette année 2025 », dixit, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État, n’a échappé à aucun malien.
La volonté politique du Président Assimi GOÏTA est sans ambages, la culture doit être envisagée comme un moteur stratégique pour le développement économique, social et identitaire du pays. Pour cela, le Gouvernement à travers le Département en charge de la culture a entrepris une série d’initiatives visant à moderniser et structurer les industries culturelles et créatives du Mali. Ces dernières, doivent devenir un moteur économique en mesure de créer des emplois et des revenus significatifs pour la population.
En effet, plus qu’une vision présidentielle, elle sonne comme le renouveau culturel de notre pays conforté par l’engagement sans faille du Chef de l’Etat en personne à revitaliser nos valeurs culture et promouvoir cette richesse intarissable de notre pays. La décision engage aussi et surtout les structures de l’Etat à mettre la culture au cœur de l’action de l’Etat.
La culture, dit-on est l’ensemble des traits distinctifs spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social. Le patrimoine national est l’ensemble des héritages du passé, tout ce qui contribue à la mémoire collective a valeur de témoignage. Du fait de sa situation géographique qui en fait une République charnière entre le Sahel et l’Afrique Occidental, de sa topographie, qui l’ouvre aux influences de plusieurs métissages, tout en lui ménageant des zones de refuge culturel, de son peuplement multi-ethnique, le Mali a hérité un patrimoine culturel particulièrement varié et attachant, qui forme un élément important de la richesse nationale.
De ce fait, ces cultures ont toujours été l’inspiration et la matrice de l’ensemble des transformations des sociétés humaines, parce qu’elles sont dynamiques par essence et offrent des opportunités variées et adaptées. Dans le contexte actuel de notre pays marqué par une crise multidimensionnelle sans précédent, notre culture, riche de sa diversité, ne constituerait-elle pas une partie de la solution pour un développement durable et mieux partagé dans notre pays ? Ne devrait-on pas ramener la culture au centre de la réflexion sur les modèles de sortie de crise, de développement et de refondation de notre société ? Autant de questions, qui taraudent les esprits des acteurs culturels les plus avertis. Car, l’évolution historique de notre pays a montré que cela était possible aussi bien en termes de résultats économiques et de développement humain et qu’en terme de disponibilité de nos ressources culturelles considérées comme infinies si l’on sait mettre en œuvre sa puissance créatrice et préserver le patrimoine. La culture, source d’identité, est également un puissant facteur d’innovation économique et sociale et de mobilisation pour des projets de développement. Des exemples fusent et ont démontré que le secteur culturel recèle un fort potentiel d’attractivité économique et sait créer des emplois, générer des revenus et des investissements, tout en offrant une matrice dans laquelle chacun peut inventer les conditions de son développement.
CIGMA


