Les réformes du secteur minier : « Les Principes de souveraineté, de transparence et de gagnant-gagnant encadrent désormais le secteur », dixit le ministre Amadou KEITA

Le ministre des Mines, le Pr Amadou KEITA était, ce jeudi 22 Septembre 2026, devant la presse dans un exercice que son département entend, désormais, pérenniser. « L’assainissement du secteur minier au Mali : souveraineté, transparence et partenariat gagnant-gagnant », était le thème de cette première rencontre avec les hommes de médias. Elle a permis d’évoquer les questions relatives aux réformes dans le secteur minier, des permis renouvelés et des permis annulés ou encore des chiffres de 2025 et du premier semestre 2026.

 

LE NETTOYAGE DU CADASTRE MINIER

 

Pour le ministre des Mines, assainir le secteur minier n’est pas fermer la porte, mais c’est plutôt la tenir ouverte à ceux, qui jouent selon les règles. Ainsi, depuis 2023, notre pays s’est doté d’un nouveau Code minier et d’une loi relative au contenu local. L’objectif vise à faire en sorte que notre sous-sol profite d’abord aux populations, sans décourager les investisseurs, qui la valorisent.

« La participation des intérêts maliens peut, désormais atteindre 35 % du capital des projets, avec une part réservée aux investisseurs nationaux », a indiqué le ministre KEITA, qui indiqué que l’audit des sociétés minières a permis de recouvrer 761 milliards de francs CFA d’arriérés. Aussi depuis le 28 novembre 2022, le traitement des demandes de titres a été a suspendu afin de nettoyer le cadastre minier. Le ministre a expliqué que trois principes guident cette démarche à savoir : la souveraineté, la transparence et le partenariat gagnant-gagnant

En octobre 2025, le ministère des Mines a annulé plus de 90 permis de recherche dont les titulaires n’avaient pas produit les documents exigés par les textes en vigueur. « Un titre minier n’est pas un patrimoine à garder en veille. C’est un engagement à travailler, à investir et à payer ce que l’on doit », a indiqué le ministre qui pour d’autres annulations suivront.

S’agissant de nouveaux permis, le ministre Keïta a expliqué que le gel des demandes décidé en 2022 touche à sa fin. « Entre le 21 août et le 30 septembre 2026, le Conseil des Ministres a autorisé, en trois séances, le renouvellement de 24 permis de recherche, pour l’or et pour le lithium, au profit de sociétés de plusieurs nationalités », souligné le ministre.

« Un renouvellement n’est ni une faveur ni un automatisme. Chaque dossier est examiné au regard des mêmes critères : la conformité administrative, les travaux réalisés, les dépenses d’exploration engagées et les obligations financières. Un renouvellement de permis de recherche autorise la poursuite des travaux d’exploration, rien de plus : il ne vaut pas permis d’exploitation », a dit le ministre pour qui la même règle s’applique aux plus grands comme aux plus modestes.

 

940 MILLIARDS DANS LES CAISSES DE L’ETAT

 

Parlant de la production industrielle d’or, le ministre a expliqué qu’en 2025 notre pays a enregistré 42,2 tonnes, contre 54,8 tonnes en 2024. Cette baisse s’explique par le fait que le complexe de Loulo-Gounkoto, premier site au Mali, n’a produit que 5,5 tonnes, contre 22,5 tonnes un an plus tôt.

Cependant, pour la même année les exportations d’or de notre pays ont atteint 2 750 milliards de francs CFA, contre 1 610 milliards en 2024. Les sociétés minières ont versé à l’État 940 milliards de Francs cfa. Un record, pour la quantité d’or produit (42 tonnes) contre 978 milliards de franc cfa pour 55 tonnes.

Aussi, en 2026, la production repart. Au premier semestre, la production industrielle d’or a atteint 23,5 tonnes, contre environ 18 tonnes un an plus tôt : plus de 30 % de hausse, et au-dessus de notre prévision de 21,2 tonnes. Fekola a produit 8,85 tonnes. Loulo a produit 6,9 tonnes, soit déjà plus que toute son extraction de l’année 2025. L’objectif pour 2026 vise la production de 43,2 tonnes, a expliqué le ministre des mines.

S’agissant du lithium, Goulamina l’exporte, depuis juin 2025. La Mine de Bougouni, inaugurée en novembre 2025, a expédié son premier chargement en décembre 2025 et a produit 53 195 tonnes de concentré de spodumène de janvier à juin 2026. Ensemble, ces deux mines devront porter notre capacité à 590 000 tonnes de concentré en 2026.

S’agissant des retombées territoriales, le Fonds minier de développement local, alimenté par la contribution des titulaires de titres d’exploitation et des industriels de carrières, a permis de récolter 18,4 milliards de francs CFA pour l’exercice 2025. Sa clé de répartition suit un principe de justice territoriale : 50 % pour les communes, directement, affectées par l’activité minière, soit environ 9,2 milliards ; 25 % pour les autres collectivités des zones minières, soit environ 4,6 milliards ; 25 % pour les collectivités des autres régions du pays, soit environ 4,6 milliards. Au total, la gestion des fonds des 819 communes bénéficiaires est suivi au niveau communal, régional et national.

Pour le Fonds de financement des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport, alimenté par les contributions des sociétés minières, il a mobilisé 109,14 milliards de francs cfa entre janvier 2025 et juin 2026. Il sera consacré à la construction de routes, des voies ferrées et de l’énergie pour notre pays.

Aux sociétés minières installées dans notre pays, le ministre des mines a tenu à leur mettre en confiance. « Une société qui respecte ses obligations n’a rien à craindre de l’assainissement. Elle y gagne un cadastre lisible, des titres sécurisés et des concurrents défaillants en moins », a dit le ministre KEÏTA, qui a indiqué que le Code minier de 2023 s’applique à toutes les sociétés, quelle que soit leur nationalité, sans traitement d’exception, ni dans un sens ni dans l’autre.

Il a expliqué que création de la SOPAMIM et du Commissariat chargé des Activités minières participe à coordonner l’action de l’État. Le ministre des mines a expliqué que la création de la Brigade spéciale des Mines sonne la fin des exploitants illégaux et la fin de l’impunité. « L’exploitation minière illégale ne saurait continuer à prospérer au détriment de la Nation. Elle prive l’État et les Collectivités territoriales de ressources importantes, entraîne la dégradation des sols et des écosystèmes, contribue à la pollution des eaux par des produits chimiques dangereux, notamment le mercure et le cyanure et expose nos populations à des risques majeurs pour leur santé et leur sécurité » a dénoncé le ministre KEÏTA, qui a déploré les incidents de Danga à Kangaba et Bilalikoto à Kéniéba ayant fait des morts d’hommes.

« Le Code minier en vigueur ne prévoit pas de régime ni de titre minier spécifique dénommé exploitation minière artisanale mécanisée ou attestation d’exploitation artisanale mécanisée. Il prévoit, notamment le permis d’exploitation artisanale et le permis d’exploitation de petite mine, chacun répondant à des conditions juridiques et techniques précises », a dit le ministre.

Sur le plan de la formation, la création d’une École des Mines et du Pétrole permettra de former les compétences, dont le secteur a besoin et d’une Agence pour la Recherche et le Développement des Ressources minérales, pour approfondir la connaissance de notre géologie. Les superficies libérées par les annulations seront proposées à des opérateurs, qui ont fait la preuve de leurs capacités, selon une procédure transparente.

« Souveraineté, transparence, partenariat : ce ne sont pas des slogans, ce sont des méthodes. Nous assainissons pour que chaque titre minier du Mali serve une exploitation réelle. Nous publions pour que chacun puisse vérifier. Nous échangeons pour que chaque partenaire sérieux trouve ici sa place », a dit le ministre des mines.

MINES

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