La coopération entre le Mali et l’Algérie prend un nouvel envol visant à consolider les liens historiques et, profondément, ancrés dans les relations humaines, culturelles et économiques entre les deux peuples. Il faut rappeler que cette coopération a été établie dans le feu et dans le sang, en 1954, lorsque les deux pays, encore colonies françaises se battaient pour leur souveraineté respective.
Ayant en partage, la zone sahélo-saharienne, sur plus de 1300 kilomètres de frontière, mais, aussi, un idéal d’indépendance et de souveraineté, le Mali et l’Algérie forgèrent une relation bilatérale solide et stratégique basée sur le respect mutuel et le soutien politique constant. A l’époque, notre pays a servi de base arrière aux dirigeants indépendantistes algériens, alors persécutés par des colonisateurs français, qui avaient fait de l’Algérie un département de la France d’outre-mer.
Au fur des ans, les liens, entre des deux pays, se sont raffermis, passant du simple voisinage à une communauté de destin, avec comme repère, le riche passé historique. Cette coopération sera, pendant plusieurs décennies, forgée dans la loyauté, le respect mutuel et le soutien politique constant. Elle sera renforcée plus tard, par des accords bilatéraux, dans divers domaines tels que l’éducation, le commerce transfrontalier, les échanges économiques, la recherche géologique et la solidarité mutuelle. Ainsi, la Grande Commission mixte de coopération a été mise en place pour structurer les relations bilatérales sur la base du dialogue entre Maliens et Algériens, en vue de renforcer les divers axes de coopération.
Cependant, depuis Janvier 2024, des désaccords avaient apparu entre les deux pays voisins, notamment, en ce qui concerne la gestion de la situation du Nord de notre pays. En effet, en janvier 2024, le Mali a dénoncé, les accords de paix et de réconciliation de Bamako (2015), issus du processus d’Alger, dont la signature par les groupes armés n’avait pas permis l’arrêt des attaques terroristes à l’encontre de notre pays et, même, le retour de la quiétude au Mali, conformément, aux clauses de ces Accords. La crise avait atteint son paroxysme, dans la nuit du 31 mars au 1er Avril 2025, quand l’armée algérienne avait revendiqué la destruction d’un drone de combat malien, près de Tin Zaouatène, à la frontière entre les deux pays. L’incident avait entraîné le rappel des ambassadeurs respectifs. Des désaccords se sont accumulés. Toutes choses, qui avaient engendré un froid entre les deux pays.
UN NOUVEAU SOUFFLE A UNE COOPERATION HISTORIQUE
En effet, après cette période de froid, les relations bilatérales entre les deux pays connaissent un nouveau souffle. La coopération algéro-malienne s’oriente vers une nouvelle dynamique, reflétant l’attachement des deux pays frères à bâtir un partenariat fondé sur des bases solides et bénéfiques aux deux peuples, un choix qui s’appuie sur un héritage historique enraciné et des liens de fraternité et de solidarité unissant les deux parties.
A cet égard, la volonté commune des dirigeants des deux pays, – de renforcer les voies de coopération et de partenariat et de les promouvoir vers des perspectives plus larges, -s’illustre, à travers le maintien des canaux de communication et l’aplanissement des obstacles. Cette approche repose sur la logique du dialogue et les principes de solidarité et de bon voisinage, afin de réaliser les intérêts communs et relever les défis de la région du Sahel.
C’est dans cette perspective que s’inscrivait la visite de travail effectuée, le 24 Août dernier, par le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Abdoulaye MAÏGA, en Algérie. Cette visite est intervenue, deux semaines, seulement, après l’entretien téléphonique qu’il avait eu avec son homologue algérien, Sifi GHRIEB, chargé par le Président de la République Algérienne Populaire et Démocratique, Abdelmadjid TEBBOUNE. C’est au cours de cet entretien qu’une invitation officielle lui avait été adressée, pour effectuer une visite de travail en Algérie.
Cet entretien téléphonique a, aussi, permis de réaffirmer l’attachement des deux dirigeants « aux relations de fraternité, de solidarité et de bon voisinage unissant les deux peuples frères », faisant part « de la volonté des dirigeants des deux pays d’insuffler une nouvelle dynamique aux relations bilatérales et de relancer la coopération dans les différents domaines ». Cette démarche traduit l’engagement des deux pays à préserver leurs relations de bon voisinage et de fraternité et surtout à les mettre à l’abri de tout désaccord, à travers la réconciliation.
Dans cette démarche, les deux parties s’emploient à renforcer les moyens de coordination et à activer les mécanismes bilatéraux liés aux divers domaines de coopération, au mieux de leurs intérêts communs.
A l’issue de sa visite, le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye MAÏGA avait rappelé que le Mali et l’Algérie partagent, non seulement des liens géographiques et historiques, mais, aussi, une destinée commune. « Je voudrais, également, faire mienne, une affirmation du Président TEBBOUNE selon laquelle « nous ne pouvons pas déménager ». « À travers cette affirmation, nous sommes en quelque sorte condamnés à cheminer ensemble, condamnés à œuvrer pour la prospérité de nos deux peuples », a souligné le Chef du Gouvernement.
Abdoulaye MAÏGA avait, ainsi, rappelé les liens historiques et séculaires, entre les deux peuples. L’histoire récente, d’abord, où les pères fondateurs de nos deux pays (Modibo KEÏTA et Ahmed Ben Bella), s’étaient, obstinément, engagés à lutter contre le néocolonialisme, tout en se battant, pour la dignité de l’homme africain et de l’Homme en général. « Mais, aussi, l’histoire lointaine, que partagent, nos deux pays, je pense, notamment, à celle des universités de Madaurus et, également, Tombouctou, qui furent de grands carrefours de diffusion du savoir dans le monde. Cette histoire, à la fois proche et ancienne, peut servir de substrat pour que nos pays s’engagent résolument sur la voie de la modernité et du progrès » a soutenu le chef du gouvernement malien.
« Toujours considérant ce lien, il est essentiel d’évoquer les défis multiformes auxquels nos pays sont confrontés. Suite à ce constat, clairement établi par nos deux chefs d’État, ils ont estimé qu’il fallait faire de notre région un havre de paix, une région débarrassée de toute forme de néocolonialisme, d’hégémonie, de terrorisme et tournée vers la prospérité. C’est à ce prix que le développement sera solide et bénéfique pour nos braves populations » a-t-il ajouté.
LE PREMIER MINISTRE ALGERIEN A BAMAKO
Les efforts continus, pour relancer les mécanismes de coopération algéro-malienne se concrétisent, mutuellement, grâce à la vision éclairée du Président Assimi GOÏTA et son homologue algérien, Abdelmadjid TEBBOUNE, visant à renforcer la dimension diplomatique et politico sécuritaire.
Ainsi, le Premier ministre de la République algérienne populaire et démocratique, Sifi GHRIEB, effectue, aujourd’hui, une visite officielle à Bamako, à l’invitation du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye MAÏGA. Le chef du gouvernement algérien est porteur d’un message du Président Abdelmadjid TEBBOUNE destiné au président de la Transition malienne, le Général d’Armée Assimi Goïta. Ce déplacement s’inscrit dans le prolongement de la visite de travail effectuée par son homologue malien à Alger le 24 août dernier, visant à redynamiser les relations bilatérales.
Durant son séjour dans la capitale malienne, Sifi GHRIEB sera reçu par le Président de la Transition, Chef de l’État, le Général de Division et aura une séance de travail avec son homologue malien. Ces échanges vont permettre le renforcement du dialogue direct entre les deux nations voisines. Un dialogue axé sur le respect mutuel et la préservation des intérêts souverains.
Les autorités des deux pays réaffirment, ainsi, leur volonté commune de consolider leur coopération dans les secteurs d’intérêt partagé, dans un esprit de bon voisinage, de fraternité et de solidarité.
En somme, la coordination sécuritaire, entre les deux pays, demeure liée à la lutte contre le phénomène du terrorisme, dans la région sahélo-saharienne et contre l’extrémisme violent et la criminalité transfrontalière. Il s’agit là, d’un défi majeur de cette coopération, avec comme ambition, d’œuvrer au développement des relations économiques et commerciales, en créant un environnement propice et favorable à la promotion de la coopération frontalière et au développement du continent.
CIGMA


