L’Office du Niger : La nouvelle stratégie de relance de l’entreprise présentée aux partenaires

Le Président Directeur Général de l’Office du Niger, Dr Samba Bocary TOUNKARA a rencontré, ce mardi 14 juillet 2026, en visioconférence les partenaires stratégiques de l’Office, à l’initiative de la FAO. La rencontre a réuni les représentants du Ministère de l’Agriculture, de l’Office du Niger, de l’Ambassade d’Allemagne au Mali, de la Banque Mondiale, de la Coopération Monégasque au Développement et de l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA). Tous ont salué la présentation du Plan d’Actions pour le Renouveau de l’Office du Niger (PAR-ON).

Il s’agissait pour le patron de l’Office du Niger de présenter à ses partenaires, le Plan d’Action pour le renouveau de sa structure. Cet acte s’inscrit dans une perspective stratégique à l’horizon 2063, avec une vision clairement affirmée : faire de l’Office du Niger un pôle d’excellence en agriculture irriguée durable, compétitive, inclusive et résiliente. Pour concrétiser cette ambition, le plan est structuré autour de six axes stratégiques majeurs : le renforcement de la gouvernance institutionnelle, le développement des infrastructures hydrauliques, l’aménagement des périmètres irrigués, l’intensification et la valorisation de la production, le développement agro-industriel, ainsi que la gestion environnementale et sociale. Pour la période 2026-2027, l’Office du Niger entend engager cinq chantiers jugés prioritaires.

Le PDG de l’office expliquera que le premier axe du Plan vise à consolider durablement les ressources internes de l’entreprise à travers la titrisation de la redevance-eau, afin de renforcer sa capacité de financement. Tandis que le second prévoit la densification et la professionnalisation de l’encadrement technique de proximité. Doté d’un budget estimé à 1,2 milliard de FCFA, ce programme ambitionne d’améliorer l’accompagnement des exploitants agricoles tout en instaurant un système d’émulation entre les agents d’encadrement et les exploitations agricoles.

Le troisième axe introduit une innovation majeure avec l’initiative « riziculture décarbonée » et la création d’une Cellule Carbone-ON. L’objectif est de mieux valoriser les importantes ressources de biomasse produites chaque année dans les zones de l’Office du Niger afin d’améliorer simultanément la productivité agricole, le bilan énergétique et l’empreinte carbone. Pour cette phase d’amorçage, un financement de 301 millions de FCFA est sollicité sur deux ans.

Le quatrième chantier met l’accent sur l’emploi des jeunes grâce à l’initiative « Jeunes entrepreneurs agricoles Shifin Djigui ». L’Office prévoit d’accompagner une première cohorte de 300 jeunes femmes et hommes, dont 150 bénéficieront de kits d’installation sur un périmètre de 200 hectares déjà identifié dans le casier de Séribabougou. Le coût lié à la première cohorte (de la formation à l’installation sur site aménagé est estimé à 1,6 milliard FCFA.

Enfin, le cinquième chantier porte sur la formulation du Programme de Pôle de Développement Agro-industriel de l’Office du Niger (PDAI-ON), élaboré en synergie avec les initiatives en cours du Fonds International de Développement Agricole (FIDA), afin de structurer durablement les principales filières agricoles.

Au cœur de cette stratégie figure la création d’un Pôle de Développement Agro-industriel destiné à faire évoluer l’Office du Niger d’un simple espace de production agricole vers un véritable écosystème industriel intégré. Le programme prévoit la mise en place de quatre parcs agro-industriels, douze centres d’agrégation et de services ainsi qu’une trentaine de centres de groupage et de conditionnement. Cette architecture doit permettre de connecter efficacement les différents acteurs des chaînes de valeur, depuis les producteurs jusqu’aux unités de transformation.

Pensée comme une plateforme multisectorielle, la future Agropole favorisera l’intégration des technologies, des équipements modernes et des services au profit des PME, PMI et des organisations de producteurs agricoles. L’ambition affichée est de créer davantage de valeur ajoutée localement, d’encourager l’investissement privé et d’accroître la compétitivité des filières agro-industrielles à fort potentiel.

Le modèle proposé repose sur un « Cœur d’Agrégation », constitué de plateformes agro-industrielles, autour duquel graviteront des « satellites » composés des centres d’agrégation, des centres de conditionnement et des exploitations agricoles. Cette intégration verticale permettra de sécuriser l’approvisionnement en matières premières et de porter le taux d’industrialisation à plus de 85 %, en couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production de semences jusqu’au conditionnement du riz prêt à la consommation.

Au-delà de sa dimension agricole, le projet ambitionne également d’apporter des réponses aux défis auxquels fait face la zone Office du Niger. En favorisant la création d’emplois, notamment pour les jeunes, et en développant un tissu agro-industriel dynamique, le programme entend contribuer à réduire les facteurs de vulnérabilité liés au chômage, aux migrations irrégulières, aux effets du changement climatique ainsi qu’à l’influence des groupes armés dans certaines localités.

La qualité de la présentation et la cohérence de cette vision stratégique ont suscité un intérêt des bailleurs présents à la visioconférence, ouvrant ainsi des perspectives encourageantes pour la mobilisation des appuis nécessaires à la mise en œuvre de cette ambitieuse transformation.

Office du Niger

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