1er Salon Malien de l’Architecture et de la Construction (SAMAC) : Le Rendez-vous International du monde de l’architecture et de la construction

Le 1er Salon Malien de l’Architecture et de la Construction (SAMAC) s’est ouvert, ce jeudi 31 juillet et se poursuivra jusqu’au 03 août 2025 au Centre International de Conférence de Bamako (CICB). La cérémonie d’ouverture était présidée par le Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, M. Imirane Abdoulaye TOURE, en présence de responsables des organisations et corporation des spécialistes de l’architecture et la construction. L’évènement enregistre également la participation de plusieurs délégations venues du Niger, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Sénégal et du Congo, ainsi que les présidents des Architectes de ces pays et le Singapour.

Ce 1er Salon Malien de l’Architecture et de la Construction (SAMAC) est placé sous le haut parrainage de son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Chef de l’Etat. Il a pour thème « Habitat durable, Culture et Innovation : Approche architecturale du Mali : Rôle des Professionnels face aux enjeux climatiques et économiques contemporains ».

En effet, face à l’urbanisation rapide de notre pays comme dans la plupart des pays du continent, les pronostics ne laissent aucun doute sur la multiplication des bidonvilles et l’étalement incontrôlé des villes africaines. Cette urbanisation non accompagnée d’une politique adéquate pourrait être la source de fragilisation de l’environnement bâti. Les pronostics sur l’urbanisation des villes africaines ont montré que d’ici 2050, 06 Africains sur 10 vivront en ville, mais, faute d’industrialisation et de planification, ce boom urbain pourrait créer un effet de chaos (UN-Habitat, 2020).  Et les villes grandissent, mais la pauvreté s’installe, car ne disposant pas d’infrastructures et de gouvernance solide, l’urbanisation devient synonyme d’exclusion. Ce processus est souvent qualifié « d’urbanisation de la pauvreté » L’absence de gouvernance locale forte et de vision à long terme accentue la précarité urbaine, tandis que la domination du secteur informel dans le domaine de la construction rend difficile l’application de normes d’urbanisme durables.

Ainsi, à travers ce rendez-vous important du monde de la construction, notre pays veut ouvrir le débat sur les questions fondamentales de l’urbanisation dans notre pays et sur le continent. Il s’agit également d’affirmer le rôle stratégique des professionnels de l’architecture et de la construction dans la conception et la réalisation d’un cadre bâti à la fois durable, résilient et adapté aux réalités environnementales et économiques du pays. Il s’agit, ainsi, de souligner la responsabilité et la capacité d’innovation des acteurs du secteur face aux grands défis du XXIe siècle.

Dans son discours d’ouverture, le Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, Imirane Abdoulaye TOURE a rendu un hommage particulier au monde de l’Architecture Africaine présent à ce salon : « Qu’il me soit permis de m’acquitter d’un devoir à savoir, vous transmettre les cordiales salutations et les encouragements de Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’Etat et du Général de Division Abdoulaye MAÏGA, Premier ministre, Chef du Gouvernement respectivement patron et parrain de cet événement à qui, ils accordent une importance toute particulière. Cette 1ère édition est honorée, par les Pays frères du Burkina Faso et du Niger, en qualité de Pays invités d’honneur, à travers des fortes délégations conduites par les ministres, Minkaïlou SIDIBE et Abdoulkadri Amadou Daouda que je vous demande d’applaudir. Leur présence ici nous honore, témoignent de la fraternité sahélienne, de solidarités anciennes et durables, mais aussi d’une volonté partagée de faire face ensemble aux défis climatiques, démographiques, économiques et urbains qui marquent notre époque ».

Parlant du thème choisi, le ministre Imirane Abdoulaye TOURE indiquera que ce thème, « Habitat durable, culture et innovation : Approche architecturale du développement durable au Mali » – va au-delà des mots, car, il est une déclaration de responsabilité, un appel à réinventer nos pratiques, et surtout, à remettre l’architecture au cœur du développement territorial et humain. « Il est le reflet d’une urgence, la synthèse d’un combat, et l’appel d’une vision : celle de bâtir un Mali résilient, enraciné et innovant, porté par ses talents, sa culture et sa sagesse. “Un peuple sans mémoire architecturale est un peuple sans abri pour son identité.”, disait Cheikh Anta Diop. L’architecture ne se limite plus à bâtir, elle doit désormais : s’ancrer dans les réalités climatiques du Sahel, réconcilier modernité et patrimoine culturel africain ; promouvoir une esthétique enracinée et une fonctionnalité durable, et offrir des solutions inclusives aux plus vulnérables », a-t-il rappelé.

Selon lui, les principaux défis de l’urbanisation de nos grandes villes demeurent : le défi de l’habitat accessible et digne. Il indiquera que le droit à un logement décent est fondamental. Pourtant, nombre de familles en sont privées. Il est temps de concevoir des habitats économiques, écologiques et enracinés dans les modes de vie locaux. Chaque toit posé dans le respect des réalités locales est un acte politique, une réponse à l’exclusion. Les matériaux traditionnels, les savoir-faire des artisans, et les talents innovants sont les piliers sur lesquels nous devons bâtir.

Le ministre Imirane Abdoulaye TOURE relèvera que le défi de l’adaptation aux crises climatiques demeure également constant face à la chaleur extrême, aux inondations, à l’insalubrité, nos constructions doivent épouser le climat, non le défier. L’architecture bioclimatique, déjà présente dans notre patrimoine, doit être réactualisée et généralisée. Le confort, l’économie d’énergie, et la résilience doivent être au cœur de tout projet. De même que le défi culturel et social qui consiste à construire en exprimant notre identité. Trop souvent, nos villes perdent leur âme, copiées sur des modèles étrangers. Il est temps de reconstruire une architecture, qui nous ressemble, une architecture, qui intègre toutes les couches de la société, des jeunes aux personnes en situation de handicap, en passant par les déplacés climatiques.

Face à ces défis, la coopération régionale est une clef, les réalités sont similaires dans les pays du continent et les aspirations sont convergentes. Et ce Salon doit être le terreau d’un réseau sahélien de l’architecture durable, un espace d’échanges, d’innovation et d’harmonisation des bonnes pratiques.

CIGMA

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